Autoédition KDP: j’ai franchi le pas!

Press-Button248pxCadreSepiaEt voilà, mon premier roman est en ligne sur Amazon depuis le 16 mars 2016 : «Sixième Continent – Le Mysterium». Après plusieurs mois de révisions et de corrections avec l’aide d’un comité de lecture constitué de personnes variées, axées soit sur les thèmes de l’ouvrage, soit sur l’aspect purement grammatical et stylistique, ou encore sur la forme romanesque proprement dite (consistance des personnages, des situations, suspens, etc.), je viens de terminer l’une des plus intenses semaines de ma vie ! Les relectures multiples à la chasse aux indélicatesses syntaxiques et autres pierres sur la route, au rythme de treize à quinze heures de travail par jour, font que je ne sais plus si l’histoire de ce livre est un roman ou si je l’ai vraiment vécue ! Lorsqu’est venu le moment fatidique d’appuyer sur le bouton « publier » sur KDP, j’ai pris une grande inspiration. Dans la fraction de seconde qui a suivi le clic de la souris, ma tête est tombée lourdement sur le bureau, alors que mes poumons se vidaient à grands flots d’un dioxyde de carbone saturé par la tension accumulée depuis septembre. Ah ça, je peux le dire, être auteur, c’est du boulot !

       Maintenant commence la partie que j’appellerais le « nerf de la guerre » : le faire connaître. À cette fin j’ai diligemment élaboré ma structure de communication : blog, compte perso Facebook relooké, page Facebook pro, compte Google+, Twitter, Tumblr, proposition d’idées sur Wattpad, finalisation des profils sur les médias de type Disqus, et enfin ma page Auteur sur Amazon.

       Je découvre depuis une dizaine de jours l’un des premiers « travers » de l’autoédition sur Kindle Direct Publishing : l’addiction au rapport de ventes ! C’est un peu normal, c’est la jauge indiquant que de nombreux efforts commencent à porter leurs fruits. Mais je réalise qu’il faut apprendre à s’en détacher et à « laisser le temps au temps ». Tout comme en amour, il faut aussi espérer sortir très vite de la « friend zone », c’est-à-dire celle des achats des amis et autres proches à qui on a annoncé la publication de l’ouvrage. C’est évidemment à l’extérieur de cette zone de confort que ce dernier prendra véritablement son envol, lorsque de parfaits inconnus commenceront à s’y intéresser.

       J’ai pris la décision de m’inscrire sur KDP select pour 90 jours. Cela bloque pendant trois mois la parution sur d’autres plateformes numériques, mais l’avantage pour un nouvel auteur est de pouvoir se faire connaître des lecteurs, à travers le système de prêt d’Amazon. Sous cet angle, le rapport de lecture (parallèle au rapport de vente) est très intéressant, puisqu’il indique le nombre de pages lues par jour par les abonnés. Et l’information est extrêmement utile, si on sait l’interpréter. Je m’explique : si le livre fait trois cent cinquante pages et que dès la mise en ligne sur KDP on constate, par jour, des lectures de 250 à 350 pages, ou d’un nombre multiple, proche par exemple de 650 ou 700 pages, cela peut indiquer que des lecteurs ont été très absorbés par leur nouvel emprunt. Il est en effet rare de lire d’une traite 80 à 100% d’un livre que l’on trouve ennuyeux. C’est donc à priori un bon indicateur de l’intérêt suscité par l’histoire, et de sa capacité à captiver l’attention du lecteur. J’ai eu la surprise à ce propos de retrouver assez rapidement mon ouvrage dans le top 100 de la catégorie SF/Fantasy de la boutique Kindle, et bien que ce positionnement soit fluctuant selon le nombre de téléchargements, je suppose que la quantité de pages lues a aussi son rôle à jouer.

       Les emprunts sont donc intéressants, et selon le nombre de pages, ils peuvent rapporter à l’auteur autant que ce qu’il toucherait avec un pourcentage de contrat d’édition papier classique (disons 7%) sur le prix public d’un ouvrage à 15€. L’intérêt est cependant de favoriser les ventes, qui offrent une meilleure marge pour l’auteur, et pour cette raison j’ai choisi après trois semaines de baisser le prix initial de 4,99€ à 3,99€. J’ai également décidé de lancer la version brochée fin avril / début mai 2016, après discussion avec quelques amis réfractaires à la lecture sur format électronique. Je préfère personnellement avoir un vrai livre entre les mains, même si de temps à autre je télécharge des ouvrages Kindle – et je suppose que je ne suis pas le seul dans ce cas.

       À ce point de l’avancée du projet, il me semble intéressant de revenir sur la question suivante: est-ce que je souhaiterais être édité par un éditeur conventionnel si l’opportunité se présentait ? Oui, toujours. Pourquoi ? Tout simplement parce que je mesure ce que représente la promotion d’un livre autoédité (numérique/papier) pour son auteur en terme de temps et d’investissement personnel, et que franchement je préfèrerais laisser cette partie à des personnes dont c’est le métier afin de me concentrer sur ma tâche d’écriture. Un autre aspect est la possibilité de traduction de l’ouvrage pour atteindre le marché anglophone. Quand on sait ce que coûte la traduction d’un livre par un traducteur professionnel, on réalise qu’il vaut mieux que ce soit une maison d’édition qui en supporte la charge. Donc oui, pour des questions de promotion et de développement, je reste persuadé qu’un contrat traditionnel est tout à fait souhaitable pour un auteur (sous réserve de tomber sur un bon éditeur, bien sûr), mais cet avis pourrait très bien changer parce que le contexte est en pleine mutation…

       Et l’édition numérique ? Eh bien, pour peu qu’on la considère avec le même sérieux que l’édition classique – ce qui signifie par exemple accepter de se plier aux remarques, corrections et suggestions d’un comité de lecture personnel constitué de personnes compétentes –, elle est à mes yeux tout aussi valable. Je la vois comme une grande opportunité de démocratie littéraire et de liberté noétique (de la pensée), puisque l’auteur s’adresse directement au public sans aucun filtrage ni pré-conçu idéologique ou commercial quelconque. En outre, on sait que les délais de réponse des maisons d’édition sont quasiment tous passés de 3 à 6 mois ces dernières années. Et comme un premier roman nécessite souvent une reprise, c’est-à-dire un travail de plusieurs mois, avant de le relancer dans le circuit pour 6 mois de plus, on se retrouve avec des délais d’attente de près d’un an et demi. Auxquels, si on a la chance d’être retenu, il faut ajouter facilement six mois avant de voir son ouvrage publié. Voilà, le bilan est plutôt lourd pour celui qui n’a pas de temps à perdre : deux ans c’est terriblement long, sauf si on débute sa carrière à dix-huit ans. Donc le choix de l’autoédition numérique/papier peut s’imposer comme une première étape pour ces diverses raisons, et être complété par une édition classique plus tard. Mais, dans tous les cas, il faut toujours se préparer de manière professionnelle, et ne pas brûler les étapes. Que l’on envoie un manuscrit chez un éditeur ou que l’on publie en ligne, il faut absolument que la copie soit passée au crible. Bien entendu, ainsi que le reconnaissent des professionnels tels qu’Hélène Jacob, un « texte nickel… c’est un mythe, ça n’existe pas ». Mais il faut s’efforcer d’atteindre un pourcentage extrêmement faible de maladresses diverses. Et même alors, il y a fort à parier que plus d’un auteur qui relirait son premier roman dix ans après sa parution aurait envie de se mettre des claques, tout simplement parce que son style aurait évolué, que son travail aurait gagné en souplesse et en agilité, et qu’il aurait acquis une meilleure intuition des mots, des dialogues, des caractères, etc. Mais c’est une autre histoire.

       On pourra théoriser autant qu’on le voudra sur les rapports entre l’édition conventionnelle et l’autoédition type Amazon, on pourra s’arracher les cheveux, s’insulter sur les plateaux télé ou bouder le Salon du livre, mais la réalité est juste là : l’autoédition numérique fait maintenant partie de nos pratiques culturelles, et l’avenir ne se fera pas sans elle. Le rôle de l’édition papier est en train de se redéfinir complètement ; il n’y a rien à faire d’autre que de s’adapter pour survivre au changement. Et si cette adaptation pouvait s’exprimer en termes de coopération intelligente et créatrice, eh bien tout le monde y gagnerait.

       Je vois très bien se profiler l’évolution suivante: une démocratisation de la publication individuelle appuyée par le vecteur de puissance et d’amplification de l’édition conventionnelle pour les ouvrages qui arrivent à sortir d’eux-mêmes du lot. Tout le monde ayant désormais sa chance dans ce modèle. L’édition conventionnelle laisserait donc progressivement tomber le pôle de production (déjà accessible à l’individu grâce à l’évolution des techniques (ebook, ou édition papier à la demande), pour se focaliser essentiellement sur le pôle communication et développement international. Pour résumer: décollez avec vos propres ailes, élevez-vous à la force de vos bras, puis accrochez-vous au vol long-courrier!

       Il est aussi important de vérifier les évènements à venir avant de lancer son ouvrage. Dans mon cas, je me suis dépêché de terminer le livre pour profiter de la mise en avant, faite par KDP select, des ebooks publiés avant le salon du livre — du 17 au 21 mars. J’ai soumis l’ouvrage le 15 mars, mais la mise en place a pris 48h (jusqu’à 72h si on ne publie pas avec KDP select). J’ai demandé à KDP par email si j’avais des chances de profiter de cette « mise en avant », et devinez quoi ? Je suis passé à côté, à un jour près. Et la meilleure de toutes ? Si j’avais attendu le 21 mars, j’aurais pris connaissance de l’info relative au concours «Les plumes francophones» concernant les ouvrages autoédités à partir du 1er mai 2016, et j’aurais attendu le 1er mai pour publier. Bon, c’est comme ça, on ne peut pas tout savoir à l’avance. Mais c’est dommage de rater une ou plusieurs opportunités de promo. Donc, renseignez-vous bien avant de choisir une date de parution qui vous arrange : informez-vous des évènements médiatiques à venir.

       Et à ce propos, je n’ai pas dit mon dernier mot, car je soumettrai un recueil de poèmes pour le concours «Les plumes francophones». C’est qu’on y prendrait goût à l’autoédition…

© Cedric Bellissent – MAJ : 6/04/2016

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