Auteur : SpiFied

Romancier - Novel writer - SpiFi (Spiritual Fiction) Cedric BELLISSENT est un auteur français né en 1968. Très tôt passionné par les ouvrages de fiction, il se découvre une facilité pour la création littéraire. Après des études de science et de communication en France, puis de psychologie en Suisse, il élargit ses points de vue vers les mystères antiques, le cheminement spirituel et les sciences non conventionnelles. Il commence par écrire des articles et des ouvrages de recherche sur ces thèmes, parallèlement à une production régulière de poèmes d'inspiration mystique. Habité par une vision de l'avenir basée sur la synthèse de ses conclusions, il se lance dans l'écriture de son premier roman en 2007 : « Sixième Continent - Le Mysterium ». Après neuf années de patiente maturation, l'ouvrage est enfin disponible (Amazon).

Le pernicieux Facebook – Investigation d’Indé pour une communication de qualité

pernicieuxfacebook-1Le sous-titre est un peu ironique, on s’en doutera peut-être. Après avoir résolument écarté FB de ma vie pendant des années, parce que je n’en avais aucun besoin, j’ai finalement dû relever les manches et mettre la main à la pâte en raison de mon activité d’auteur. Facebook est-il un bon moyen de communication pour l’auteur indépendant ? C’est la question que je me suis posée pendant des semaines (et que j’ai inlassablement tournée, retournée et présentée à mes proches – à leur grand détriment).

      Une fois le design de mon compte finalisé, j’ai contacté quelques connaissances qui avaient plusieurs milliers d’ « amis » sur le leur. Les demandes d’ajout se sont multipliées sur ma page individuelle. Je ne m’y attendais pas trop. J’ai fait le tour des pages des personnes en attente et j’ai eu quelques surprises (les habitués de FB pardonneront ma naïveté) qui m’ont conduit à réaliser que la majorité de ces demandes était faite sans grand discernement, ou simplement par recherche d’audience des uns et des autres pour leur propre activité ou leur vie personnelle (vu que ma page était quasiment vide d’infos et donc sans réel intérêt pour qui que soit). Je me suis dit que si l’on était un éditeur multi-genre souhaitant toucher un grand nombre de personnes, on pouvait se permettre d’accepter n’importe qui sur un compte perso, ou de faire des demandes à tout un chacun, mais en tant qu’auteur aux ouvrages ciblés sur un thème particulier, c’était plus délicat. On peut en effet être rebuté par certaines demandes. Je citerais par exemple cette page dont la photo de profil était récemment passée d’une jeune femme plutôt attirante 🙂 à celle d’un homme d’une soixantaine d’années affalé sur son fauteuil :(, ou bien cet anonyme dont la page d’amis comportait essentiellement des liens vers des sympathisants du FN. Je suis pour la liberté de penser, et pour la mienne en particulier… il faut donc savoir faire des choix. Mais qui dit choix d’auteur, dit restriction du public en tant qu’éditeur. Conclusion, je me suis dit que le compte personnel Facebook n’était peut-être pas le meilleur moyen pour se faire de la pub, notamment parce que présenter un compte perso uniquement dédié sous toutes les coutures au dernier bouquin de l’auteur pouvait donner l’impression qu’il n’était là que pour pomper avidement du lecteur potentiel – j’allais dire « du client » –  dans les listes d’amis. Ceci dit, j’ai noté que si l’auteur était déjà relativement connu et implanté dans la sphère publique, cela ne me faisait pas le même effet en tant que visiteur, allez savoir pourquoi… peut-être ne pardonne-t-on pas, inconsciemment, à celui qui cherche à faire comme s’il possédait déjà une notoriété (on veut du vrai!). Je rejoins complètement à ce propos l’avis de Derek Murphy qui suggère en substance à l’auteur indépendant d’emporter d’abord l’adhésion de followers par la pertinence de ce qu’il dit plutôt que de commencer par construire une sphère médiatique offensive et artificielle autour de sa personne. Je ne vois aucun mal à démarcher des individus qui semblent en accord avec son sujet dans des listes d’amis (c’est aussi la raison de leur existence), mais attention à la méthode employée, elle peut desservir l’auteur. Je citerai pour exemple cette personne qui, après avoir fait une demande d’ajout que j’ai acceptée, me relançait dans la demi-seconde suivante afin que j’aille « liker » sa page auteur, pour un livre dont je n’ai même pas pris le temps de consulter le sujet, tant la démarche m’avait paru maladroite. Auteur, oui ; importun, non.

      La communication sur Facebook peut donc vite devenir un grand bazar, entre les demandes de tous bords, les comptes perso, les pages pro ou les pages de groupe etc. Il y avait à mes yeux nécessité d’organiser tout cela fin d’optimiser la communication. Ma conception d’une bonne communication tient en ces quelques mots: ne pas mélanger les flux d’information ; c.à.d. les orienter dans les bons canaux. J’ai donc décidé, au début, de suivre la démarche suivante : bien séparer mon compte perso de ma page pro « auteur ». Je partageais dans cette dernière des infos sur mon livre et sur les articles de mon blog, et je réalisais un filtrage serré sur mon compte perso (où j’avais clairement précisé les critères d’ajout dans le profil), ne répondant positivement qu’aux demandes de personnes qui publiaient sur leur propre page des sujets liés à des thèmes fondamentaux à mes yeux. Autant dire qu’il n’y avait plus grand-monde qui passait :). Malgré tout, quelques indomptables persistaient et continuaient à cliquer sur ‘ajouter’ sans même chercher à savoir qui ils ajoutaient, puisqu’un rapide examen de leur page trahissait l’absence totale d’intérêt pour les thèmes indiqués, et donc qu’ils n’avaient aucunement pris connaissance du profil – peut-être aussi parce que peu de personnes le remplissent.

      Honnêtement, je suis resté une bonne semaine sur cette position, comme un expérimentateur qui teste une théorie, parce qu’il ne comprend pas encore très bien le domaine qu’il aborde. Cette période m’a ramené à moi-même et m’a fait me demander ce que, dans cette foule d’individus tous différents et riches de leur propre expérience, j’avais réellement à apporter aux autres. Il a fallu que je me recentre correctement pour bien identifier ma ‘valeur ajoutée’, et pour me rappeler que c’est à travers mes livres, mes histoires, et la vision de la réalité que j’y présente, que je souhaite communiquer et toucher durablement le cœur des gens; et non à travers un système de communication qui peut très vite devenir addictif, superficiel et intéressé.  Avec le temps, j’ai cependant senti que ma démarche était trop rigide et allait à l’encontre de l’esprit même de Facebook, qui fonctionne selon des lois organiques et relativement fluides. Je suis donc revenu au point de départ, et plutôt que de fermer la porte à ceux qui n’avaient rien à apporter à mon moulin (appelons un chat un chat), je l’ai ouverte afin de permettre l’échange, de partager comme tout le monde quelques posts sympas et marrants, et de faire connaître incidemment aux uns et aux autres la page magazine sur laquelle je relaie la plupart des publications que je trouve vraiment pertinentes et utiles: ‘Conscience Hebdo’. En tant qu’auteur, les thèmes traités sur cette dernière page, tout en étant grand public, concordent avec ceux qui inspirent mes ouvrages ; je peux donc, à l’occasion, passer une info sur mon livre – qui devient pertinente dans ce cadre plus vaste – mais également présenter les ouvrages d’autres auteurs ayant écrit dans la même direction.

Ma structure actuelle de communication sur FB est donc la suivante :

– Un compte perso relativement ouvert : une interface conviviale pour la découverte mutuelle, avec un peu de publicité sur mes activités d’auteur.

– Une page Auteur clairement dédiée à mes publications (livre, articles, vidéos spécifiques, etc.)

– Une page Livre pour mon ouvrage, lequel peut être trouvé ainsi sans se rendre directement à la case « achat » d’Amazon, ou sans transiter obligatoirement par un blog d’auteur, d’un intérêt relatif tant que ce dernier n’est pas connu.

– Une page magazine, pour relayer au plus large les informations que je pense être importantes pour l’évolution de la société et de la culture.

– Et enfin, je place des liens entre toutes ces pages pour que chacun y trouve son compte.

      La conclusion pour un auteur indépendant ? Tout l’art consiste à savoir être présent mais pas envahissant sur FB, et apprendre à faire confiance à la dynamique spontanée des gens. Il faut de l’organisation, mais en gardant à l’esprit qu’on ne peut pas tout contrôler, même s’il faut filtrer un minimum ; pas plus qu’on ne peut objectivement passer son temps à lire toutes les impulsions anarchiques de communication des uns et des autres. Je dirais également qu’il ne faut pas perdre son âme dans la communication (c.à.d. faire de la com à n’importe quel prix). Il faut interagir de manière intelligente et mesurée ; garder à l’esprit que l’on communique avec des individus, des êtres humains, et pas des machines à ‘liker’ ; ne pas tomber dans la folie du placardage d’information à outrance autour de sa propre personne et de ses ouvrages. Il faut absolument apprendre à se discipliner et à optimiser, tout en restant souple et ouvert à la vie hyperactive caractéristique de FB, et surtout ne jamais oublier que la communication pour un auteur n’est qu’un moyen, pas une fin en soi. Il doit rester centré sur sa production littéraire et ne pas s’éparpiller. Sinon autant changer de métier et aller travailler dans une agence de pub (pour un bien meilleur salaire) ou, pourquoi pas… monter une maison d’édition !

© Cedric Bellissent – 29/04/2016

Note: comme mon avis évolue avec l’expérience, je retouche de temps en temps cet article pour qu’il reflète au mieux ma façon de penser et d’agir.

 

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Autoédition KDP: j’ai franchi le pas!

Press-Button248pxCadreSepiaEt voilà, mon premier roman est en ligne sur Amazon depuis le 16 mars 2016 : «Sixième Continent – Le Mysterium». Après plusieurs mois de révisions et de corrections avec l’aide d’un comité de lecture constitué de personnes variées, axées soit sur les thèmes de l’ouvrage, soit sur l’aspect purement grammatical et stylistique, ou encore sur la forme romanesque proprement dite (consistance des personnages, des situations, suspens, etc.), je viens de terminer l’une des plus intenses semaines de ma vie ! Les relectures multiples à la chasse aux indélicatesses syntaxiques et autres pierres sur la route, au rythme de treize à quinze heures de travail par jour, font que je ne sais plus si l’histoire de ce livre est un roman ou si je l’ai vraiment vécue ! Lorsqu’est venu le moment fatidique d’appuyer sur le bouton « publier » sur KDP, j’ai pris une grande inspiration. Dans la fraction de seconde qui a suivi le clic de la souris, ma tête est tombée lourdement sur le bureau, alors que mes poumons se vidaient à grands flots d’un dioxyde de carbone saturé par la tension accumulée depuis septembre. Ah ça, je peux le dire, être auteur, c’est du boulot !

       Maintenant commence la partie que j’appellerais le « nerf de la guerre » : le faire connaître. À cette fin j’ai diligemment élaboré ma structure de communication : blog, compte perso Facebook relooké, page Facebook pro, compte Google+, Twitter, Tumblr, proposition d’idées sur Wattpad, finalisation des profils sur les médias de type Disqus, et enfin ma page Auteur sur Amazon.

       Je découvre depuis une dizaine de jours l’un des premiers « travers » de l’autoédition sur Kindle Direct Publishing : l’addiction au rapport de ventes ! C’est un peu normal, c’est la jauge indiquant que de nombreux efforts commencent à porter leurs fruits. Mais je réalise qu’il faut apprendre à s’en détacher et à « laisser le temps au temps ». Tout comme en amour, il faut aussi espérer sortir très vite de la « friend zone », c’est-à-dire celle des achats des amis et autres proches à qui on a annoncé la publication de l’ouvrage. C’est évidemment à l’extérieur de cette zone de confort que ce dernier prendra véritablement son envol, lorsque de parfaits inconnus commenceront à s’y intéresser.

       J’ai pris la décision de m’inscrire sur KDP select pour 90 jours. Cela bloque pendant trois mois la parution sur d’autres plateformes numériques, mais l’avantage pour un nouvel auteur est de pouvoir se faire connaître des lecteurs, à travers le système de prêt d’Amazon. Sous cet angle, le rapport de lecture (parallèle au rapport de vente) est très intéressant, puisqu’il indique le nombre de pages lues par jour par les abonnés. Et l’information est extrêmement utile, si on sait l’interpréter. Je m’explique : si le livre fait trois cent cinquante pages et que dès la mise en ligne sur KDP on constate, par jour, des lectures de 250 à 350 pages, ou d’un nombre multiple, proche par exemple de 650 ou 700 pages, cela peut indiquer que des lecteurs ont été très absorbés par leur nouvel emprunt. Il est en effet rare de lire d’une traite 80 à 100% d’un livre que l’on trouve ennuyeux. C’est donc à priori un bon indicateur de l’intérêt suscité par l’histoire, et de sa capacité à captiver l’attention du lecteur. J’ai eu la surprise à ce propos de retrouver assez rapidement mon ouvrage dans le top 100 de la catégorie SF/Fantasy de la boutique Kindle, et bien que ce positionnement soit fluctuant selon le nombre de téléchargements, je suppose que la quantité de pages lues a aussi son rôle à jouer.

       Les emprunts sont donc intéressants, et selon le nombre de pages, ils peuvent rapporter à l’auteur autant que ce qu’il toucherait avec un pourcentage de contrat d’édition papier classique (disons 7%) sur le prix public d’un ouvrage à 15€. L’intérêt est cependant de favoriser les ventes, qui offrent une meilleure marge pour l’auteur, et pour cette raison j’ai choisi après trois semaines de baisser le prix initial de 4,99€ à 3,99€. J’ai également décidé de lancer la version brochée fin avril / début mai 2016, après discussion avec quelques amis réfractaires à la lecture sur format électronique. Je préfère personnellement avoir un vrai livre entre les mains, même si de temps à autre je télécharge des ouvrages Kindle – et je suppose que je ne suis pas le seul dans ce cas.

       À ce point de l’avancée du projet, il me semble intéressant de revenir sur la question suivante: est-ce que je souhaiterais être édité par un éditeur conventionnel si l’opportunité se présentait ? Oui, toujours. Pourquoi ? Tout simplement parce que je mesure ce que représente la promotion d’un livre autoédité (numérique/papier) pour son auteur en terme de temps et d’investissement personnel, et que franchement je préfèrerais laisser cette partie à des personnes dont c’est le métier afin de me concentrer sur ma tâche d’écriture. Un autre aspect est la possibilité de traduction de l’ouvrage pour atteindre le marché anglophone. Quand on sait ce que coûte la traduction d’un livre par un traducteur professionnel, on réalise qu’il vaut mieux que ce soit une maison d’édition qui en supporte la charge. Donc oui, pour des questions de promotion et de développement, je reste persuadé qu’un contrat traditionnel est tout à fait souhaitable pour un auteur (sous réserve de tomber sur un bon éditeur, bien sûr), mais cet avis pourrait très bien changer parce que le contexte est en pleine mutation…

       Et l’édition numérique ? Eh bien, pour peu qu’on la considère avec le même sérieux que l’édition classique – ce qui signifie par exemple accepter de se plier aux remarques, corrections et suggestions d’un comité de lecture personnel constitué de personnes compétentes –, elle est à mes yeux tout aussi valable. Je la vois comme une grande opportunité de démocratie littéraire et de liberté noétique (de la pensée), puisque l’auteur s’adresse directement au public sans aucun filtrage ni pré-conçu idéologique ou commercial quelconque. En outre, on sait que les délais de réponse des maisons d’édition sont quasiment tous passés de 3 à 6 mois ces dernières années. Et comme un premier roman nécessite souvent une reprise, c’est-à-dire un travail de plusieurs mois, avant de le relancer dans le circuit pour 6 mois de plus, on se retrouve avec des délais d’attente de près d’un an et demi. Auxquels, si on a la chance d’être retenu, il faut ajouter facilement six mois avant de voir son ouvrage publié. Voilà, le bilan est plutôt lourd pour celui qui n’a pas de temps à perdre : deux ans c’est terriblement long, sauf si on débute sa carrière à dix-huit ans. Donc le choix de l’autoédition numérique/papier peut s’imposer comme une première étape pour ces diverses raisons, et être complété par une édition classique plus tard. Mais, dans tous les cas, il faut toujours se préparer de manière professionnelle, et ne pas brûler les étapes. Que l’on envoie un manuscrit chez un éditeur ou que l’on publie en ligne, il faut absolument que la copie soit passée au crible. Bien entendu, ainsi que le reconnaissent des professionnels tels qu’Hélène Jacob, un « texte nickel… c’est un mythe, ça n’existe pas ». Mais il faut s’efforcer d’atteindre un pourcentage extrêmement faible de maladresses diverses. Et même alors, il y a fort à parier que plus d’un auteur qui relirait son premier roman dix ans après sa parution aurait envie de se mettre des claques, tout simplement parce que son style aurait évolué, que son travail aurait gagné en souplesse et en agilité, et qu’il aurait acquis une meilleure intuition des mots, des dialogues, des caractères, etc. Mais c’est une autre histoire.

       On pourra théoriser autant qu’on le voudra sur les rapports entre l’édition conventionnelle et l’autoédition type Amazon, on pourra s’arracher les cheveux, s’insulter sur les plateaux télé ou bouder le Salon du livre, mais la réalité est juste là : l’autoédition numérique fait maintenant partie de nos pratiques culturelles, et l’avenir ne se fera pas sans elle. Le rôle de l’édition papier est en train de se redéfinir complètement ; il n’y a rien à faire d’autre que de s’adapter pour survivre au changement. Et si cette adaptation pouvait s’exprimer en termes de coopération intelligente et créatrice, eh bien tout le monde y gagnerait.

       Je vois très bien se profiler l’évolution suivante: une démocratisation de la publication individuelle appuyée par le vecteur de puissance et d’amplification de l’édition conventionnelle pour les ouvrages qui arrivent à sortir d’eux-mêmes du lot. Tout le monde ayant désormais sa chance dans ce modèle. L’édition conventionnelle laisserait donc progressivement tomber le pôle de production (déjà accessible à l’individu grâce à l’évolution des techniques (ebook, ou édition papier à la demande), pour se focaliser essentiellement sur le pôle communication et développement international. Pour résumer: décollez avec vos propres ailes, élevez-vous à la force de vos bras, puis accrochez-vous au vol long-courrier!

       Il est aussi important de vérifier les évènements à venir avant de lancer son ouvrage. Dans mon cas, je me suis dépêché de terminer le livre pour profiter de la mise en avant, faite par KDP select, des ebooks publiés avant le salon du livre — du 17 au 21 mars. J’ai soumis l’ouvrage le 15 mars, mais la mise en place a pris 48h (jusqu’à 72h si on ne publie pas avec KDP select). J’ai demandé à KDP par email si j’avais des chances de profiter de cette « mise en avant », et devinez quoi ? Je suis passé à côté, à un jour près. Et la meilleure de toutes ? Si j’avais attendu le 21 mars, j’aurais pris connaissance de l’info relative au concours «Les plumes francophones» concernant les ouvrages autoédités à partir du 1er mai 2016, et j’aurais attendu le 1er mai pour publier. Bon, c’est comme ça, on ne peut pas tout savoir à l’avance. Mais c’est dommage de rater une ou plusieurs opportunités de promo. Donc, renseignez-vous bien avant de choisir une date de parution qui vous arrange : informez-vous des évènements médiatiques à venir.

       Et à ce propos, je n’ai pas dit mon dernier mot, car je soumettrai un recueil de poèmes pour le concours «Les plumes francophones». C’est qu’on y prendrait goût à l’autoédition…

© Cedric Bellissent – MAJ : 6/04/2016

Suivi d’une publication

ecrivain

MAJ du 24/03/2016

Le livre sera proposé jusqu’à mi-juin sur KDP select avec possibilité d’emprunt pour les abonnés. Une version papier est prévue d’ici quelques mois.

 

MAJ du 16/03/2016

Eh bien c’est fait ! Le livre a finalement été publié le 15 mars 2016 sur Amazon. Son titre : « Sixième Continent – Le Mysterium ».

J’ai tout bonnement l’impression de sortir d’une salle d’accouchement… Rendez-vous maintenant dans la section « Romans » du blog pour en savoir plus…

 

MAJ du 2/02/2016

Et voilà le retard inévitable est arrivé, pour prouver une fois de plus, si c’était nécessaire, qu’on ne contrôle pas tout… L’ouvrage sortira donc en Février.

 

MAJ du 13/01/2016

Corrections finales

Les corrections du comité pour la validation finale sont en train d’arriver par paquets de 50 pages, je termine les mises à jour.

Depuis la première version envoyée aux éditeurs en mai 2015, l’ouvrage a été repris en profondeur et corrigé au crible. Avec du recul je pense maintenant que le manuscrit n’était pas encore prêt et que son envoi était prématuré. Je crois, honnêtement, que je ne l’aurais pas publié non plus en l’état en tant qu’éditeur. J’aurais demandé un complément de travail.

Aujourd’hui, voici l’avis d’un des membres du comité qui réalise le check final (Écrivain et Auteur de pièces de théâtre), reçu il y a trois jours :

« C’est super vivant, tous tes discours sont animés, tes personnages se sont amplifiés et bien présents, situations ad hoc. … tout crédible. Je me suis régalée à voir ce que tu avais fait. Les émotions sont là sans éparpillement mais surtout les actions qui rendent crédible la vie active autour des personnages, comme sur scène, et les discours, réalistes. »

C’est pour tout bientôt!

 

Aspects administratifs

Mon statut d’auteur est actualisé, code APE 9003B. Pour ceux qui souhaiteraient se lancer, la description donnée dans la liasse AE était « Auteur de livres, originaux et personnels ». J’aurais pu me limiter à « Auteur d’oeuvres littéraires », mais je me suis référé aux mots clés des codes APE pour ne pas me retrouver, dans le doute, dans une catégorie liée aux auteurs travaillant sur commande, et donc effectuant des prestations de service. Mais l’INSEE ne rentre apparemment pas trop dans les détails et donne le code général plutôt que les codes subsidiaires.

Autre élément important: que le mot « Auteur » apparaisse en premier dans la liasse AE, plutôt qu’ »Écrivain », parce que l’exonération de CFE dans le code des impôts (article 1460 du CGI) stipule bien « auteurs, compositeurs, etc. Il vaut mieux « matcher » exactement avec les termes officiels pour l’administration… plutôt que de perdre son temps à convaincre quelqu’un que l’on rentre bien dans telle ou telle catégorie.

 

 

MAJ du 24/12/2015 :

Les formalités concernant mon statut d’auteur ainsi que la création du compte KDP sont en cours.

Je termine la dernière relecture/correction avant de soumettre l’ouvrage à l’une des personnes du comité de lecture pour validation finale.

Lancement prévu pour Janvier 2016.

En attendant… Joyeux Noël !

 

MAJ du 1/12/2015 :

  • Dernières réponses reçues: Presses de la Cité et Fayard, les deux après 6 mois d’attente. Sans suite (mais sans surprise).

Ce qui me conduit irrévocablement à lancer la procédure d’autoédition (Kindle + version papier). Le manuscrit sera néanmoins renvoyé à une poignée d’autres éditeurs, pendant que l’ouvrage sera publié en ligne—il y a après tout encore deux tomes à venir. Pourquoi toujours courir après l’édition classique? demanderont certains. La réponse a déjà été traitée dans différents articles du blog, mais c’est avant pour des raisons très pragmatiques: 1) la retraite complémentaire de l’Agessa est bien meilleure que celle de la CIPAV pour l’autoentrepreneur, et 2) une maison d’édition classique possède, à priori, des réseaux de diffusion déjà en place, alors que l’auteur indépendant doit créer lui-même son propre réseau et assurer tout seul la publicité de son ouvrage. L’idée est simplement de se concentrer sur l’essentiel en tant qu’auteur: l’écriture, et laisser à ceux dont c’est le métier le soin d’assurer la promotion des ouvrages.

Le manuscrit a été soumis à plusieurs lecteurs (voir article sur le comité de lecture) et revu en profondeur. Une double relecture de « lissage » est néanmoins prévue par deux personnes différentes.

 

MAJ du 19/10/2015 :

  • Albin Michel : après 5 mois d’attente, je les ai appelés pour la seconde fois cet automne. La personne en charge du service manuscrit a dit qu’elle allait essayer de faire accélérer les choses. Efficace : 4 jours après, l’info tombe sur leur page de suivi : rejeté.

Indépendamment de cette réponse négative, de tels délais me semblent véritablement surréalistes. Ils pointent du doigt certaines difficultés dans le monde de l’édition et expliquent en partie l’engouement pour l’autoédition. Quand on sait le temps qu’il faut pour écrire et corriger un manuscrit, un temps précieux pendant lequel les auteurs travaillent parfois sans rentrées, au détriment de leurs loisirs et parfois même de leur vie de famille.

Les impacts négatifs de ces délais à rallonge semblent avoir finalement contribué à évoquer le phénomène Amazon/Kindle, grand libérateur de la pensée (ok, ce n’est pas une action philanthropique, mais quand même), et déclencheur d’une véritable révolution dans l’univers du livre—que l’on pourrait bien comparer à l’invention de l’imprimerie. Je ne suis peut-être pas réaliste, mais les maisons d’édition qui tiennent la route financièrement ne pourraient-elles doubler leur pool de lecteurs afin de répondre aux auteurs dans de  meilleurs délais ?

L’attente est longue et pénible, notamment en raison de l’incertitude des résultats. Qui peut se permettre aujourd’hui d’envoyer un manuscrit et d’espérer une réponse une demi-année plus tard ? Faut-il envisager des plans de carrière sur vingt ans pour exercer ce métier, et espérer que seuls nos descendants recevront les premiers droits ? Il y a de toute évidence un souci, et j’ai bien l’impression que les grands éditeurs, qui règlent le marché, sont en train de recevoir une réponse violente à un mode de fonctionnement de plus en plus inadapté, vis à vis d’un besoin d’expression littéraire croissant du public.

Quant à l’auteur du vingt et unième siècle, eh bien je dis qu’il va s’adapter, qu’il va survivre, et qu’il foulera du pied les carcasses de quelques dinosaures…

MAJ du 28/09/2015 :

  • Fayard: ils ont du retard, beaucoup de manuscrits reçus. Réponse reportée mi octobre 2015, ce qui portera le délai à 5 mois, s’il est respecté comme annoncé.
  • Albin Michel: toujours en lecture.

 

MAJ du 15/09/2015 :

  • Albin Michel : première étape passée : le livre n’a pas été rejeté, c’est déjà ça. Statut actuel: en lecture.

 

MAJ du 2/09/2015 :

Premières réponses négatives (pas de surprise, c’est la norme) :

  • XO, lettre conventionnelle, reçue rapidement, un mois après, merci c’est pro.
  • Robert Laffont : J’ai pris les devants en les appelant, je ne voulais pas perdre de temps.

En attente :

  • Presses de la Cité : six mois d’attente annoncés au tel, on verra donc en décembre.
  • Albin Michel : en attente du retour de vacances du service manuscrit.
  • Fayard : contactés par tel, réponse courant septembre.

D’autres envois prévus pour septembre au format pdf vers trois nouvelles maisons d’édition. Celles-ci ont compris qu’il suffisait de demander un fichier numérique plutôt que d’accumuler dans leur locaux des tonnes de manuscrits qui coûtent inutilement cher à leurs auteurs, ont contribué à la destruction de l’environnement, et seront finalement détruits à leur tour. Coucou, éditeurs, on est en 2015, l’ère numérique… réveillez-vous ! Si le « tout numérique » reste délicat voire fatiguant pour une lecture complète avec annotations, pourquoi ne pas demander une version papier uniquement si la lecture préalable et sommaire du pdf conduit à l’étape du comité de lecture?

MAJ du 18/06/2015 :

Voilà, le premier volume de ma trilogie est sur le feu… en train de cuire chez les éditeurs, envoyé le 15 mai 2015. A quelle sauce vont-ils m’assaisonner? Epicée, partez en courant, ou bien aigre douce, bienvenue chez nous?
En attendant je corrige le second volume et prépare le troisième. La fusée est lancée.

Réponses cet été ou à la rentrée.

 

Professionnalisation de l’autoédition : le comité de lecture

comite-lecture150pxC’est la question à 1000 euros : comment professionnaliser l’autoédition, ou encore conforter le lecteur dans le fait qu’il n’achètera pas un « sous-produit littéraire » lorsqu’il sera intéressé par un ouvrage autoédité ?

J’ai déjà traité différents points à ce sujet dans un article précédent : « Autoédition ou édition classique« . Mais ici, je vais aborder la question sous un angle très pragmatique : la constitution d’un comité de lecture pour l’auteur autoédité.

Je déconseille fortement de ne faire confiance qu’à son seul point de vue. C’est peut-être une évidence, mais il peut falloir du temps pour concrétiser le concept qui suit, à savoir que l’auteur autoédité, est : 1) un auteur + 2) un éditeur. Et qu’à ce titre il doit se comporter comme l’un et l’autre. À la fois totalement libre dans le creuset solitaire de son mental créateur, mais critique sans complaisance pour ce qui en sort; aussi déconnecté qu’il le souhaite de toute forme de réalité dans son roman, mais businessman bien ancré qui pense au produit final destiné à la vente; complètement centré sur son propre travail en mode de conception, mais absolument décentré et orienté sur les autres pour tenter de voir à travers les yeux du public et des lecteurs.

Le comité de lecture est donc une nécessité absolue pour deux raisons:

1 – le point de vue de l’auteur est subjectif et partial vis-à-vis de son propre travail (quelles que soient les réticences de l’égo vis à vis de ce fait…), du moins en ce qui concerne les relectures de moins de trois mois d’un manuscrit (une durée « d’oubli » du texte que j’ai perçue comme minimale avant de vraiment pouvoir jeter un regard quasiment neuf sur ce que l’on a écrit).

2 – le point de vue d’un petit groupe reflètera de manière plus réaliste la perception collective de l’ouvrage par le public.

Dans cette tâche d’endurance qu’est la relecture et la correction d’un manuscrit (dont l’écriture représente le plus maladroit et incertain des investissements, mais la plus motivante des aventures), les bonnes volontés sont extrêmement précieuses. J’ai personnellement réuni pour mon premier volume un pool de six personnes. Trois font partie de ma famille (dont une est particulièrement compétente sur le plan de la littérature et de la langue française), et sont capables de me caresser à rebrousse-poil si certaines absurdités ou incohérences se sont glissées dans le texte. Une est une amie, qui sait qu’elle ne me rendrait pas service en me disant seulement ce que j’aimerais entendre, et deux autres personnes ont été… choisies par hasard dans un café, parmi des étudiants en fin de cycle. Ces dernières représentent donc la part la plus mystérieuse (et impartiale) de l’histoire, et je les remercie encore d’avoir bien voulu m’aider—si jamais elles lisent ces lignes et se reconnaissent.

Mais voilà, le problème c’est que tout le monde peut donner une opinion personnelle en se concentrant uniquement sur un certain aspect du livre, tout en négligeant d’autres points essentiels. Ainsi, telle personne se focalisera sur la recherche effrénée de fautes d’orthographe, telle autre donnera des avis sur tout de manière aléatoire, une autre remarquera une rupture de cohérence ou de logique entre des chapitres, une autre encore criera au scandale parce que la fin n’est pas celle qu’elle espérait, etc. Tous ces avis sont utiles, mais ils ont un défaut : ils ne présentent que des parties dispersées de l’ensemble des facteurs faisant qu’un roman aura ou non du succès. C’est pour cela qu’il faut absolument fournir un guideline aux personnes qui auront gentiment accepté de nous venir en aide, afin que leur avis soit le plus éclectique possible.

J’ai trouvé sur le site suivant http://www.revedefantasy.org/t100-comite-de-lecture-criteres-d-evaluation une liste de vingt-cinq critères, réunis en quatre catégories, que j’ai adoptée pour mon comité de lecture.

Dans un premier temps j’ai proposé aux différentes personnes de donner à chacune des catégories une note sur vingt, en expliquant, si la note n’était pas bonne, quel point de la catégorie avait fait chuter cette note et pourquoi.

La pratique a montré que les correcteurs les plus dévoués (bénévoles) ont préféré me renvoyer la version pdf annotée de commentaires-bulles, accompagnée d’une feuille séparée donnant leur avis en fonction du guideline ci-dessous, plutôt que de se livrer à une notation qu’ils jugeaient difficile à réaliser. D’autres m’ont envoyé par email des corrections plus synthétiques, tous les cinq chapitres, mais toujours en s’inspirant du guideline. Ce dernier a été jugé véritablement très utile dans tous les cas.

Voici le guideline :

I – CATEGORIE STYLE : l’objectif est qu’il soit agréable et fluide

1) Phrases tarabiscotées/vocabulaire compliqué/cadre narratif complexe
2) La tournure des phrases
3) L’écriture
4) Orthographe et ponctuation, la construction grammaticale, conjugaison
5) Volonté d’être compris par tous. Texte clair : description/incise/transition
6) Soutien du fond par la forme (travail et recherches sur les mots)
7) Scènes juste décoratives (remplissage, digressions sans intérêt)

II – CATEGORIE SCENARIO : l’objectif est qu’il soit captivant

1) L’immersion au tout début du récit (Cinq premières pages, prologue)
2) Suspens et intérêt
3) Vraisemblance/crédibilité de l’histoire/trame principale précise, claire [même pour de la science-fiction, la vraisemblance ou cohérence interne est importante – C.B.]
4) Alternance des formes/actions et dialogues/peu de longueurs/du rythme
5) Coups de théâtre, péripéties au service de l’histoire (tension et intérêt)
6) À 1/3 du récit votre envie de continuer la lecture (80-120 pages)
7) Au 2/3 du récit votre envie de poursuivre votre lecture

III – CATÉGORIE PERSONNAGES : l’objectif est qu’ils soient attachants

1) Personnages attachants, charismatiques, émouvants
2) Adversités servant une logique (initier le héros) sans choquer en vain
3) Comportement (des gens, des choses) rationnel à défaut d’être logique
4) Évolution de la psyché des personnages au fur et à mesure de l’histoire
5) Identification du lecteur avec le ou les (anti) héros

IV – CATEGORIE IDEES : l’objectif est que l’ensemble soit original

1) Le dépaysement et l’atmosphère
2) Volonté de transmettre du savoir, une réflexion, de faire débat, etc.
3) L’originalité des idées (univers personnel, non déjà vu, différent)
4) L’intrigue et le scénario
5) La fin du récit se termine-t-elle en coup de théâtre, en une grande explication cachée, ou bien en apothéose ? Vous convient-elle ?
6) Toutes les portes ouvertes sont refermées, les problématiques du livre résolues, confortant la crédibilité et l’originalité de l’ensemble ?

Suite aux résultats, il sera certainement nécessaire de retravailler son ouvrage selon les points faibles repérés, même si c’est en dernier lieu à l’auteur de choisir ou non d’accepter une correction. Le manuscrit devra alors peut-être repasser en comité de lecture (particulièrement pour les remaniements importants).

Chacun mettra la barre au niveau qu’il souhaite, mais il me semble que dans le cas d’une évaluation par note, un minimum de 14/20 devrait définir un « bon » roman et conforter l’auteur dans sa décision de publication. Mais peut-être qu’un 12/20 fera un best-seller… C’est là qu’on se rend compte qu’être éditeur n’est pas un métier facile, et qu’il ne faut pas trop vite jeter la pierre !

Dans le cas d’une évaluation plus globale, ce sera l’avis final des membres de votre comité de lecture qui comptera. Il faudra faire une synthèse, et surtout ne pas faire l’impasse sur certaines remarques qui pourraient vous blesser ou vous agacer. Il est indispensable de pratiquer le plus grand détachement à ce propos. Il en va après tout de votre carrière !

Allez, bon courage à tous.

© Cedric Bellissent – 6/11/2015 – MAJ : 4/12/2015

Autoédition ou édition classique (à compte d’éditeur) ?

Auto-edit-SepiaEtant auteur (déjà publié à compte d’éditeur en 2003 pour un ouvrage de réflexion qui n’est malheureusement plus disponible) en plus d’avoir travaillé quelque temps dans l’édition papier avec plusieurs casquettes, je vais essayer de développer un point de vue objectif, mais ce n’est pas gagné 🙂

Le sujet a plusieurs fois été traité dans différents blogs (voir par exemple les intéressants articles du souffle numérique), aussi vais-je me concentrer sur les questions qui me semblent les plus pertinentes.

– Si les maisons d’édition classiques ont refusé mon livre, dois-je persévérer et choisir l’autoédition (type KDP – Kindle Direct Publishing / Createspace par ex.) ?

Evidemment ! Si les réponses de ces dernières sont négatives il n’y a pas à hésiter, en tout cas si on souhaite vraiment publier son travail. Personnellement c’est ce que je ferai si rien ne marche avec les éditeurs ordinaires.

– Si les maisons d’édition ont refusé mon livre, est-ce que cela veut dire que je n’écris pas assez bien ?

Peut-être que oui, peut-être que non. Les motivations d’un éditeur pour publier un livre peuvent être diverses mais répondent tout de même à un guideline relativement stable. Les fondamentaux sont bien entendu de maîtriser correctement le langage dans lequel on écrit, d’avoir une syntaxe agréable, d’être capable d’exprimer sa pensée de manière claire et cohérente. Si on ne possède pas ces compétences de base, pourquoi chercher à écrire pour le public ? Si on les possède et que l’on est en plus capable de conter des histoires, de les rendre passionnantes, voire haletantes, d’être original, d’apporter quelque chose au lecteur, etc. alors on a les capacités requises. MAIS au final, c’est la valeur commerciale de cet ensemble, estimée par l’éditeur, qui tranchera (à tort ou à raison : les plus grandes maisons d’édition ont toutes laissé passer des talents, qui ont fini chez les concurrents). Donc, avant de vous fustiger suite à des réponses négatives, faites un check de ces fondamentaux et tâchez de trouver le point d’équilibre et le recul nécessaire.

– Si je m’autoédite est-ce que je ne me tire pas une balle dans le pied ?

L’argument classique est le suivant : l’autoédition peut signifier dans la conscience des lecteurs que l’ouvrage n’a pas reçu la validation d’un comité de lecture de professionnels, et donc que le produit ne sera pas à la hauteur d’un livre publié par voie ordinaire. D’où un a priori négatif pour l’achat. Soyons honnêtes : ce n’est pas totalement faux. En tant que lecteur je dois avouer que je suis parfois sceptique vis à vis des livres autoédités. Si je me fais l’avocat du diable, je peux dire que payer pour des élucubrations facilement mises en ligne par n’importe quel auteur autoproclamé a de quoi inquiéter un peu.

Solution : il faut que le lecteur puisse lever ce doute facilement. Pour cela :  1) il doit pouvoir lire quelques pages de l’ouvrage avant de l’acheter. 2) il ne faut pas que ce feuilletage soit payant pour lui, sinon ce frein à la consultation tuera simplement le marché.

En outre cet a priori peut être rationalisé :  si on a l’habitude de lire, on se rend compte que nombre d’ouvrages publiés par voie « officielle » sont mal écrits, mal corrigés, traitent des thèmes de peu d’intérêt ou cent mille fois rabâchés. Le créneau conventionnel de publication n’est donc pas un gage absolu de qualité, même si certaines maisons anciennement établies et bien ancrées dans la tradition littéraire française sont particulièrement attentives à la qualité des œuvres qu’elles retiennent. L’autoédition reflète donc inévitablement les deux aspects : des ouvrages de mauvaise qualité, et d’autres de bonne qualité, en diverses proportions. Il y aura peut-être plus dans l’avenir d’ouvrages de mauvaise qualité, puisque le contrôle littéraire sera restreint, mais il y aura également plus d’ouvrages de bonne qualité, puisque ces dernier échapperont au goulot d’étranglement des éditions classiques—créé par le manque de temps à consacrer à la pléthore de manuscrits reçus.

Un autre point positif en faveur de l’autoédition est que, sur une échelle globale, son développement contribue à enrichir le patrimoine culturel international en générant de la « noodiversité » (diversité intellectuelle) — même si celle-ci reflète inévitablement le Web qui lui sert de support : une énorme boîte dans laquelle certains envoient des trésors et d’autres leurs détritus… à chacun de choisir ses mots clés!

– Oui, mais le nerf de la guerre c’est la com ! Si je ne suis pas bien représenté sur la toile mon livre finira dans la solitude des pages jamais consultées.

Certes, la promotion est le principal avantage de la maison d’édition classique (à condition qu’elle travaille avec un bon diffuseur) et je pense que l’auteur publié normalement sera toujours gagnant de ce côté là.

C’est pour cette raison qu’il faut réfléchir collectivement à des moyens de diffusion des livres autoédités. Aujourd’hui les plans individuels réussissent de moins en moins, nous entrons dans une ère de grande interdépendance, nous avons besoin les uns des autres pour arriver à quelque chose (les grands groupes financiers ou industriels ont bien compris cela). Il faut donc réfléchir en pensant global, coopération, interdépendance et surtout liberté, car c’est une des caractéristiques de la toile qui permet de sauter bien des obstacles et d’obtenir des résultats étonnants.

Donc pourquoi ne pas lancer un concours d’idées pour aider à la diffusion des livres autoédités ?

Toutes les suggestions seront les bienvenues afin de trouver un système collectif qui profitera à tous.

Je réfléchis de mon côté et ne manquerai pas de partager ici le fruit de ces cogitations si ces dernières me semblent tenir la route.

SpiFiment vôtre.

Cedric Bellissent – 4/09/2015

 

 

Les Outils du Travailleur Laborieux

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Il m’a semblé opportun de faire un petit tour des outils utiles à l’auteur indépendant, en tout cas voici mon équipement, hérité d’une vie professionnelle antérieure 🙂

Allez, le millionième round MicMac / Microsouft…

  • Imac 27″, idéal pour ouvrir deux fenêtres Word en même temps au format A4 taille réelle. Après des années de travail sur PC (Dell etc.), franchement niveau fiabilité il n’y a pas photo: j’ai cette machine depuis 2010 et j’ai du planter une seule fois.
  • Depuis un moment j’utilise Word 2011, mais après quelques tests, Libreoffice 4.3 charge plus vite un roman de 350 pages, et l’accès aux polices n’est pas ralenti (avec word, en tout cas sous OS 10.7.5, c’est la cata, si on a beaucoup de polices, il faut attendre qu’il charge toute la liste, vraiment, vraiment pénible).
  • Correcteur orthographique Antidote 8 – je viens de l’acquérir. Testé sur la version—censée être finale—du premier tome de ma trilogie… eh bien, le correcteur de Word, comment dire? Coucouche panier! Le nombre d’erreurs (pourtant évidentes quand on les voit) repérées alors que Word était déjà passé par là en orthographe et grammaire, et bien cela m’a tout simplement soufflé. Antidote m’a vacciné :). Maintenant, dans son utilisation avec un traitement de texte il y a moins de problèmes avec Word 2011 qu’avec LibreOffice 4.3: quand on doit faire une modification dans le texte d’origine, LibreOffice reste sans réaction trop longtemps avant de pouvoir faire la correction. Avec Word on a l’accès presque instantanément. En ce qui concerne la recharge du document modifié par Antidote 8 pour reprendre la correction, il y a toujours un temps de latence inévitable, dans LibreOffice ou Word.
  • Indesign – pour la mise en page destinée à Createspace (livres papiers édités à la demande en doublon du format Kindle) ou bien pour les ebooks, afin de finaliser des maquettes correctes avec une typo professionnelle.
  • Illustrator, Photoshop – pour les couvertures.

Et puis quelques litres d’huile de coude, un amplificateur temporel, et une machine à expresso.

Histoire de Motivation

motivation-150-cont-SepiaLa lecture de posts d’auteurs indépendants sur le thème de la motivation et de la valeur de leur écriture—peut-être en réaction à un certain cynisme extérieur relatif à la légitimité des écrits autoédités—m’a inspiré l’article qui suit.

Écrire une histoire, c’est créer un monde, un univers. C’est peut-être, en effet, l’écrivain qui se rapproche le plus de l’acte divin de création. Si l’on croit en un Dieu quelconque capable de créer des planètes, des minéraux, des plantes, des animaux et des êtres humains, on peut très bien comprendre que ces créations ne se sont pas faites d’un coup, que ce Dieu a procédé par tâtonnements, par essais et erreurs. Certaines espèces ont survécu, d’autres non. Ainsi l’auteur a-t-il bien le droit de faire, à son échelle, des essais, des erreurs, et de progresser dans la qualité de son écriture. Mais qu’est-ce qui motive un Dieu dans sa création ? On peut concevoir qu’une planète n’est rien de moins qu’une école servant à faire progresser la forme et la conscience de ses habitants : les pierres deviennent transparentes ou radioactives ; les lichens deviennent des roses odorantes ; les animaux sauvages découvrent l’amour de l’être humain et se transforment, avec le temps, en douces espèces domestiques ; les brutes épaisses deviennent des sages… Ne dit-on pas que l’écrivain doit avoir à cœur de faire évoluer les habitants de son roman ? S’il est vrai que les personnages n’ont pas d’existence réelle, ils ont néanmoins une existence d’exemplarité, ils représentent des vies par procuration qui influenceront les lecteurs. C’est ce que j’ai toujours à l’esprit lorsque j’écris une histoire. Je ne me pose pas la question de savoir si mon histoire va plaire ou non, parce que je me projette dans son monde avec tout mon être, je laisse le présent et les questions derrière moi, je laisse la terre sans regret, je pars explorer des univers intérieurs inconnus à la recherche d’un trésor que je convoite pour tous. Si la passion m’emporte et me fait oublier le monde d’où je viens, alors je suppose qu’elle emportera d’autres êtres, d’autres lecteurs. Si le monde que j’ai créé me fait vivre une double vie, alors il est possible que d’autres goûteront à cette réalité alternée avec autant d’intérêt. L’aventure ou la quête que représente la création d’une histoire n’est qu’une forme, un véhicule, qui doit aider l’auteur à découvrir quelque chose, sur lui-même, sur les autres, sur l’humanité. Il me semble important qu’il y ait ce souci de retour vers les autres. Si le lecteur nous fait confiance, nous avons, de notre côté, l’obligation de lui apporter quelque chose. Car je vois chaque lecture comme une quête, chaque lecteur comme un pèlerin plus ou moins conscient, qui cherche des réponses, et espère les trouver dans le livre qu’il acquiert. Lire un livre, c’est partir à l’aventure, prendre son sac à dos, mettre le pied au bord d’un promontoire et contempler le vaste horizon qui se révèle au soleil levant. Nous, les auteurs, sommes les pionniers qui avons tracé la carte. Nous ne donnons cependant que les indications à travers notre œuvre, car c’est dans l’esprit du lecteur que l’histoire prend forme réellement. Il n’y a ni décors finalisés, ni effets spéciaux, ni acteurs imposés. La lecture est une superproduction de l’esprit dont nous ne sommes que les scénaristes. Alors, j’ai envie de dire, pour tous les auteurs qui se questionnent naturellement sur la valeur de leurs histoires, sur leur motivation : laissez vos doutes derrière vous, ils ne font que vous ralentir, vous enchaîner. Vivez à fond vos histoires comme des histoires d’amour flamboyantes, larguez vos ancres, ne restez pas captifs de l’atmosphère, telles des montgolfières de l’imaginaire, mais devenez des fusées émissaires de l’humain lancées dans l’azur pour découvrir quelques merveilles cachées au fin fond de l’espace intellectuel. Qui sait, peut-être y découvrirez-vous des portes vers d’autres univers, peut-être que le pouvoir de votre concentration entrouvrira des interstices éclatants, qu’aucun homme ni femme prisonnier des contraintes et du rythme social n’aurait pu contempler autrement ? Allez chercher ce feu, et rapportez-le pour embellir la vie de ces êtres et les aider à croître vers plus de radiation, de beauté et d’amour. N’est-ce pas une motivation suffisante ?

 

© Cedric Bellissent — 2/10/2015

LE STATUT D’AUTEUR INDEPENDANT : petit défrichage à l’intention des agriculteurs de l’esprit

multitache-150-cont-SepiaEn cherchant moi-même le régime le plus adapté à l’auteur autoédité (via KDP / Createspace), d’une part au cas où mon manuscrit serait refusé par les maisons d’édition classiques, et d’autre part parce que de plus en plus d’auteurs qui ne sont pas repris par leur éditeur se tournent vers l’autoédition, je ne savais pas que j’avais signé pour une semaine de baroude dans l’enfer administratif. J’en suis sorti la tête bourdonnante et les yeux explosés par des heures de recherche sur le net. Ce fut pourtant un sacrifice nécessaire 🙂 . Mais ce qui devait être un article de blog s’est transformé en un véritable dossier. J’espère qu’il sera utile aux auteurs indépendants. Si vous constatez la présence d’informations erronées ou non à jour, des erreurs de calcul de cotisation dans les exemples, merci de me prévenir (indiquez svp vos sources ou raisons du correctif) et je ferai le nécessaire (du moins tant que le contenu de ce dossier restera globalement d’actualité).

Ma principale question était : puisque l’AGESSA (qui est l’organisme collectant toutes les cotisations de l’auteur édité à compte d’éditeur, sauf impôts) ne prend pas en charge les auteurs indépendants (hélas) dois-je utiliser le système de l’autoentrepreneur ou envisager de me salarier au sein d’une association ? Il faut préciser que je suis, de par mon activité professionnelle précédente déjà autoentrepreneur, et que j’ai également monté une association 1901 voici quelques années au sein de laquelle j’ai été occasionnellement rémunéré en CEA (Chèque Emploi Associatif) pour des tâches ponctuelles rentrant dans le cadre des activités déclarées dans les statuts, en tant que maquettiste PAO, pour la réalisation de cours en pdf et l’entretien annexe de site web. Je connais donc relativement bien les deux systèmes.

I – INTRODUCTION – LES CHARGES DE L’AUTEUR

La première chose à savoir est que KDP/Createspace ne paie aucune cotisation pour vous. Le produit de la vente des livres qui vous revient est donc apparenté à un chiffre d’affaires brut, sur lequel vous allez devoir payer toutes vos cotisations, dont vos impôts :

– Sécurité sociale
– Retraite de base
– Retraite complémentaire
– Cotisations diverses (CSG, CRDS, formation professionnelle, etc.)
– Impôts

La première question est donc de savoir quel statut va gérer au mieux ces cotisations. Je dis « gérer au mieux », car le cas de figure qui retire le moins de cotisations n’est pas forcément le plus avantageux à long terme. La seconde question est par conséquent de savoir si vous envisagez cette activité d’auteur comme activité professionnelle secondaire ou principale. C’est un élément qui peut changer beaucoup de choses.

Rappels utiles sur les cotisations

– Sécu :

– maladie-maternité
– indemnités journalières

– Retraite de base

C’est ce qui permet de toucher au mieux 50% de son salaire à la retraite : pour avoir droit à un trimestre de versement validé il faut compter un gain minimum de 150xSMIC horaire net, soit 1441€. Ce revenu net en euros est converti en points selon une valeur d’achat donnée (application d’un taux de cotisation), puis au moment de vous payer votre retraire ces points sont convertis à nouveau en euros, selon une valeur de vente (application d’un taux d’acquisition), c’est cette différence, ou marge bénéficiaire, qui finance le système de retraite. Attention, la valeur des points de retraite (achat et vente) n’est pas identique pour la retraite de base et la retraite complémentaire.

– Retraite complémentaire

C’est pour se rapprocher au mieux du salaire complet versé à la retraite. Elle est calculée selon un nombre de points acquis qui ont une valeur d’achat et une valeur de vente, soit en fonction du montant des cotisations versées (nombre de points = montant des cotisations / valeur d’achat du point retraite), soit selon des tranches de bénéfices non commerciaux qui donnent chacune droit à un certain nombre de points. Le montant final de la retraite complémentaire reçue est égal au nombre de points acquis x par la valeur du point (valeur de vente). Cette valeur d’achat ou de vente du point change selon les caisses de retraite complémentaire. De même que la manière d’accumuler des points. Ainsi les valeurs de point peuvent être avantageuses dans une caisse, mais la méthode d’acquisition des points défavorable, ou inversement : la caisse peut avoir de faibles valeurs de points, mais racheter les points de retraite pour un meilleur prix.

Les cotisations diverses

– CSG-CRDS
– Allocations familiales
– invalidité, décès (en relation avec les caisses de retraite complémentaire)
– etc.

– Impôts

Il y a différentes options pour la déclaration :

– Si vous touchez un salaire, type associatif, ou bien des droits d’auteur en tant qu’auteur publié à compte d’éditeur vous déclarez en Traitements et salaires (fiche 2042).
– Si vous avez un autre métier en plus de l’écriture, vous déclarez le bénéfice de vos ventes d’ouvrages en micro BNC, jusqu’à 32900€ par an en 2015 (fiche 2042C Pro). Si vous dépassez cette somme, vous déclarez en BNC (fiche 2035).
– Si vous êtes autoentrepreneur et que vous pouvez choisir l’option du prélèvement libératoire, conditionné par le revenu fiscal de référence*—si ce choix vous est plus avantageux**, vous êtes prélevé à la source (1% en BIC, 2,2% en libéral), mais vous devez quand même déclarer en micro BNC (2042C pro) pour que les impôts puissent calculer le revenu fiscal du foyer. Sinon l’IR est calculé sur le CA après abattement.

*Revenu fiscal de référence de l’année N-2 (selon que vous êtes célibataire, marié, avec des enfants à charge): https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23267

**Exemple de calcul pour vérifier si ce choix est avantageux pour vous : http://www.entreprises.cci-paris-idf.fr/web/reglementation/developpement-entreprise/droit-fiscal/imposition-auto-entrepreneur-versement-liberatoire

II – LE RÉGIME D’AUTOENTREPRENEUR

Précision d’emblée sur la différence fondamentale entre micro-entrepreneur et autoentrepreneur : le premier doit toujours payer des charges sociales minimales, alors que l’autoentrepreneur ne paie ses charges que sur le pourcentage du chiffre d’affaires réalisé. Pas de rentrées : pas de charges, peu de rentrées, peu de charges, beaucoup de rentrées, beaucoup de charges.
http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/5897-micro-entreprise-et-auto-entrepreneur-differences-et-avantages

Les avantages pour l’auteur :

– C’est surtout pour un démarrage d’activité, on ne paie pas grand-chose en attendant que l’activité monte en puissance.
– Simplification des déclarations et formalités*.

*Selon les dernières informations consultées** concernant le régime, l’inscription en BIC (vente) n’est plus faisable en ligne, du fait de la nécessité de s’inscrire en CCI (Chambre de Commerce et de l’Industrie) ou auprès du Greffe du tribunal du commerce – alors que pour l’inscription en libéral cette dernière peut toujours se faire en ligne.
** https://www.evoportail.fr/actualites/2015/07/12/auto-entrepreneur-un-statut-de-moins-en-moins-simple/

Désavantages pour l’auteur :

– Retraite complémentaire (50% de la retraite) totalement insuffisante.
– Opacité de calcul pour de faibles revenus.

1 – BIC (vente) OU BNC (libéral) ?

Il y a en gros deux grandes lignes pour l’inscription en autoentrepreneur : la vente (BIC, Bénéfices Industriels et Commerciaux) et l’activité libérale (BNC, Bénéfices Non Commerciaux). Laquelle choisir pour un auteur autoédité ?

– En BIC, vente de marchandises (éditeur).

Type éditeur (Code APE 5811 édition de livres).
La totalité de vos cotisations, impôt à la source compris, avoisine les 15%. C’est certainement très intéressant puisqu’après cotisation vous empochez directement 85% des ventes, mais il faut savoir que pour le calcul de vos points retraite votre CA subit un battement de 71%, et donc votre retraite n’est calculée que sur 29% des revenus issus de la vente de livres. En outre, vous devez payer un pourcentage d’inscription à la CCI (chambre de commerce et d’industrie, 0,015% du CA), ainsi que la CFE (ancienne taxe professionnelle, qui varie selon l’activité de la région ou vous habitez. Elle peut varier de 210€ dans un petit village à 500€ par an près d’une grande ville, ceci si vous ne gagnez pas plus de 10.000€/an. Au-delà, le maximum peut aller jusqu’à 1000€ pour un CA jusqu’à 32600€, 2100€ de 32601 à 100.000€ (attention à la barre maximum des 32900€ de CA pour le régime d’autoentrepreneur qui pourrait bien faire doubler votre CFE si vous dépassez le seuil de 32600€ !)

– En BNC, statut libéral (auteur indépendant).

Type APE 9003B, Autres créations artistiques, activité Libérale des écrivains indépendants.
La totalité de vos cotisations avoisine les 25%. Vous empochez donc 75% du CA brut des ventes. C’est là que ça devient plus intéressant si vous n’avez pas d’autre emploi pour assurer votre retraite : l’abattement est de 34%, cela signifie que votre retraite est calculée sur 66% des revenus issus de la vente de livres. Vous ne payez pas de taxe de CCI ni de CFE.

Attention: tous les codes APE liés aux professions libérales n’exonèrent pas de la CFE. La profession d’auteur est spécifique, avec quelques autres seulement, ainsi qu’il est stipulé dans l’article 1460 du Code Général des Impôts:

« Article 1460
Sont exonérés de la cotisation foncière des entreprises :

3° Les auteurs et compositeurs, les professeurs de lettres, sciences et arts d’agrément, les instituteurs primaires ; »

Article 1460 complet du CGI

2 – Précisions sur la retraite de base de l’autoentrepreneur

Voici une simulation qui permet de voir clairement l’impact du choix BIC ou BNC sur l’acquisition de trimestres pour la retraite de base (50% maximum du salaire versé) :
Note : pour toutes les caisses, la retraite de base suit la règle commune : 1 trimestre validé pour 150 x SMIC Horaire (9,61€net en 2015, soit 1441€).
http://www.cipav-retraite.fr/medias/cms/file/AE%20TOUTSURVOTRERETRAITE.pdf

Calcul comparatif entre les deux :

– En BIC autoentrepreneur (vente, commerce)

Calcul du CA nécessaire afin d’obtenir 1442€ net pour gagner un trimestre de retraite de base.
Calcul : CAx0,29 (abattement de 71%) = 1442€
CA=1442/0,29 = 4972€

– En BNC autoentrepreneur libéral : CAx0,66 (abattement de 34%) = 1442€
CA=1442/0,66 = 2185€

Interprétation :

En autoentrepreneur avec un code APE d’éditeur (BIC) il vous faut toucher 4972€ brut pour avoir droit à un trimestre de retraite de base, alors qu’avec un code APE d’auteur indépendant en libéral (BNC) il vous faut toucher 2185€ brut, soit 2,7 fois moins.

Conclusion :

Le BIC (vente/commerce, avec par exemple un code APE d’éditeur) n’est une option intéressante que si vous ne comptez pas sur le régime pour assurer votre retraite, c’est à dire si vous avez un autre travail qui s’en charge à côté, et si vous pensez vendre suffisamment de livres pour éponger la CFE (et la taxe de la CCI qui peut vite monter sur une année complète).

Le BNC (libéral, avec par exemple un code APE d’auteur indépendant) est la meilleure option si vous envisagez d’utiliser ce statut sur du long terme et espérez recevoir de meilleurs avantages sociaux (attention cependant, voir plus loin au point IV le tableau comparatif des retraites complémentaires).

3 – La retraite complémentaire de l’autoentrepreneur

             C’est là que le bât blesse pour l’autoentrepreneur, cette cotisation est obligatoire et importante, car elle peut vous permettre de toucher les 50% restants de votre salaire à la retraite (ou du moins de vous en rapprocher). Mais vous allez voir que pour les faibles revenus elle semble gérée un peu par-dessus la jambe par le RSI ou la CIPAV.

Pour l’autoentrepreneur, en BIC (vente) c’est le RSI qui se charge des cotisations de la retraite complémentaire. En BNC (libéral) c’est la CIPAV.

– Comment ces caisses octroient-elles des points de retraite complémentaire selon vos revenus ?

En BNC (libéral) pour la CIPAV, en régime autoentrepreneur, vous recevez des points en fonction des tranches de revenus. Pour un BNC <2883€/an, les points sont attribués selon un pourcentage opaque non révélé par la CIPAV* ! Si 2883<BNC<11412: 9 points – 11412<BNC<17118: 18 points – BNC>17118: 27pts.
http://service.cipav-retraite.fr/cipav/article-10-micro-social-devenir-auto-entrepreneur-98.htm

*La CIPAV s’est faite épingler par la Cour des comptes en 2014 pour pratiques irrégulières : elle n’octroyait que 1 à 2 points de retraite aux autoentrepreneurs alors que ceux-ci auraient pu prétendre jusqu’à 4 points. Ceci semble donc bien concerner la tranche « obscure » des revenus <2883€.
* Source : http://www.capital.fr/retraite/actualites/retraite-les-auto-entrepreneurs-maltraites-par-la-caisse-des-professions-liberales-909939#xsGuk83yUrw5rwrP.99

En BIC (vente, commerce), c’est le RSI qui s’occupe de calculer les points de retraite complémentaire.
On trouve la valeur des points de retraite sur le site du RSI, mais rien sur la manière d’acquérir ces points. On vous dit juste que cela dépend de vos cotisations. Quelle opacité ! On a juste droit à une évidence : « En fonction des cotisations versées, un certain nombre de points est acquis »…
https://www.rsi.fr/retraite-prevoyance/calcul-de-la-retraite/retraite-complementaire.html
– valeur de vente du point en 2013 : 1,77€
– valeur d’acquisition du point: 17,309€
Valeur du point : https://www.rsi.fr/baremes/prestations-vieillesse-et-invalidite-deces.html

4 – Conclusion

 Tous ces éléments montrent que pour l’auteur indépendant qui décide de prendre le statut d’autoentrepreneur la déclaration en BIC (vente) ne convient qu’en activité secondaire (avec les contraintes mentionnées, CCI, CFE). La déclaration en BNC (libérale) convient plus en activité principale, du moins en attendant un régime plus adapté à l’autoédition.

III – EN MODE ASSOCIATIF (CEA – Salarié)

1 – Introduction sur le principe de l’association loi 1901

Quelques points fondamentaux souvent mal compris : il est tout à fait légal de se rémunérer au sein d’une association que l’on a montée soi-même, du moment que l’on n’est pas rémunéré pour les activités du bureau administratif. Voir à ce propos l’avis du service public dans les liens ci-dessous. En outre, une association a le droit de réaliser un bénéfice et n’est pas soumise à la règle fantasque de clôturer son année d’exercice avec ses comptes à zéro pour ne pas être soumise aux impôts commerciaux et sur les sociétés**
https://www.service-public.fr/associations/vosdroits/F1927
https://www.service-public.fr/associations/vosdroits/F31839
https://www.service-public.fr/associations/vosdroits/F31838
** http://www.pro-bono.fr/2012/05/une-association-peut-elle-realiser-des-benefices/
Textes officiels http://www11.minefe.gouv.fr/boi/boi2006/4fepub/textes/4h506/4h506.pdf

Résumé de quelques informations données par les sources citées :

– « Le cumul de fonctions de dirigeant bénévole et de travailleur salarié d’une association est possible si les statuts de l’association ne s’y opposent pas. »
– « Si le but non lucratif d’une association est nécessaire pour prouver que sa gestion est désintéressée, il ne suffit pas. La non-lucrativité du but assure seulement le fait que les bénéfices éventuels réalisés par l’association ne sont pas partagés entre ses membres, mais sont réinvestis ou versés à un autre organisme sans but lucratif. »
– « Une activité commerciale est considérée comme lucrative par nature. Cependant, une association peut effectuer des prestations de service ou vendre des produits, sans que ces activités soient considérées comme lucratives, même si leur but est de dégager des bénéfices. »

– Il y a 3 critères permettant de juger du caractère lucratif d’une association et de rendre ou non cette dernière imposable :
1 – La gestion de l’organisme est-elle désintéressée ?
2 – L’organisme concurrence-t-il une entreprise ? (même type de produits ou services)
3 – Si oui (ce n’est pas obligatoirement un critère d’imposition), l’association exerce-t-elle dans les mêmes conditions que l’entreprise concurrente : prix des produits et services, publicité ?
http://www11.minefe.gouv.fr/boi/boi2006/4fepub/textes/4h506/4h506.pdf

 

2 – Bien penser pour bien agir

L’association loi de 1901 est dite « à but non lucratif ». Le terme lucratif a deux définitions dans le Larousse : 1) Qui procure un gain financier et 2) Qui procure un bénéfice important, laisse de gros profits. Si l’on s’en tient à ces termes, « à but non lucratif » signifie que le MOTIF premier de l’association ne doit pas être de produire de l’argent.

Sous cet éclairage, il est évident que créer une association pour couvrir son activité rémunérée peut être considéré comme une motivation douteuse par rapport à l’objectif initial de l’association 1901. On peut cependant se demander à juste titre en quoi est-il fondamentalement « douteux » de vouloir gagner honnêtement sa vie dans un contexte extrêmement défavorable pour sa profession ? Si les pouvoirs publics souhaitent lever le « doute », qu’ils travaillent véritablement à faire de l’activité d’auteur indépendant un métier exerçable dans des conditions correctes, en rapport avec les difficultés du (nouveau) marché concerné. Les auteurs, indépendants ou non, font la richesse intellectuelle d’un pays, ils participent à l’identité culturelle d’une nation, à son histoire, tout autant que les acteurs politiques, dont certains sont bien plus douteux que celles et ceux qui peinent à joindre les deux bouts au moyen de leur imaginaire, de leur réflexion et de leur plume… Ceci dit, est-il besoin de le rappeler, la loi est faite pour éviter les abus et baliser le chemin de ceux que la conscience n’étouffe pas. Cet article n’est donc pas rédigé à leur intention :).

Pour résumer, si vous avez à cœur de ne pas emprunter le côté obscur, il faut donc vérifier votre motif. Si de prime abord celui-ci est fondamentalement pécuniaire, non par avidité et goût du gain—choisir une autre profession pour cela—, mais simplement parce que vous n’avez pas envie de finir SDF ou d’alourdir la charge des restaus du cœur, alors il faut songer à intégrer votre besoin dans une vision plus globale et chercher à rendre un service utile (et non fictif) avec votre association. Pourquoi en effet faire semblant, puisque vous avez l’opportunité de faire du bien aux autres tout en vous aidant vous-même ? Il me semble personnellement préférable d’élever son travail à un niveau éthique plutôt que de le tirer à la baisse et de frôler l’illégalité pour des questions financières. Je laisse à chacun le soin de réfléchir à ces questions et de trouver un juste milieu.

Les statuts

En général, ce sont les statuts qui indiquent le motif de l’association, sous la dénomination « objectif ». Ensuite il faut indiquer les « moyens » par lesquels atteindre cet objectif. C’est là qu’il ne faut pas tout confondre. Si par exemple votre objectif est de nature culturelle, et vise à développer la connaissance de tel aspect de la culture, d’aider au développement d’idées nouvelles dans un domaine spécifique, ou d’aider des personnes qui rencontrent certaines difficultés, etc., il est possible que vous ayez besoin pour cela de « moyens » spécifiques, ou encore de compétences particulières. Si vous avez ces compétences, vous pouvez les mettre bénévolement au service de cette association, ce qui implique d’avoir déjà un emploi, ou d’être à la retraite, sinon il est normal que vous soyez rémunéré pour le travail que vous allez accomplir.

Les charges

Les charges dont il est fait mention ici sont celles que doit verser l’association lorsqu’elle utilise un Chèque Emploi Associatif (CEA) pour régler une prestation de salarié limitée dans le temps (CDD). L’avantage pour l’association est que le CEA n’engage pas à cotiser sur une base régulière. Les cotisations sont réglées au coup par coup pour chaque CEA. Ce qui se rapproche, sous cet angle, du mode de cotisation de l’autoentrepreneur.

En tant qu’employeur associatif vous réglez des cotisations salariales + patronales avant de réaliser le bulletin de paie d’un salarié. En 2006, le montant total de ces charges s’élevait à 36,2% pour 61 heures de travail au SMIC. Bien sûr, ce montant a dû évoluer depuis, mais cela reste globalement un bon indicateur. Ce pourcentage relativement élevé par rapport au libéral (25% de charges) est un élément à prendre en compte. Les avantages du salarié sont plutôt liés à sa retraite de base et complémentaire (voir au point IV).

Les impôts du salarié CEA sont à déclarer en « Traitements et salaires » (fiche impôt 2042). L’association n’a pas d’impôts à régler, tant qu’elle répond aux critères définis au point III – 1 de cet article.

La retraite de base du salarié

La retraite de base d’un salarié est calculée sur la base de son salaire brut*. Ce brut représente, selon les taux appliqués sur un CEA en 2006, 81% du CA brut complet (salaire + cotisations salarié + cotisations patronales) nécessaire à l’employeur pour payer ce salarié.
Ce qui revient à dire que la retraite de base d’un salarié est calculée avec l’équivalent d’un abattement de 19% (1-81%) sur le CA brut de l’association dédié à ce salaire. On comprend dès lors que la retraite d’un salarié sera toujours plus forte que celle d’un autoentrepreneur libéral, du fait que la retraite de base est calculée sur 81% du CA pour le salarié, contre 66% pour le libéral (et seulement 29% pour le BIC – l’abattement drastique de 71% correspondant majoritairement au CA dévolu à l’achat des stocks dans le commerce).
*http://www.capital.fr/retraite/dossiers/comment-est-calculee-la-retraite-de-base-des-salaries-845833

La retraite complémentaire du salarié

Gérée par l’ARRCO (Agirc pour les cadres). Les points sont calculés en appliquant un pourcentage de cotisation sur le salaire net (jusqu’à un certain plafond), divisé par la valeur en euro du point de retraite. Voir tableau au point IV qui montre clairement que cette méthode d’acquisition des points est bien plus avantageuse que celle définie par des tranches de BNC, comme le fait la CIPAV.

3 – Vous lancer avec le CEA (Chèque Emploi Associatif)

Vous avez déjà une association ou vous envisagez d’en créer une en tenant compte des éléments qui précèdent ? Bien, accrochez-vous maintenant ! 🙂

Avant tout: le guide pratique du CEA:
https://www.cea.urssaf.fr/ceawebinfo/files/content/ceaweb/docinfo/2672-GuideCEA-2014.pdf
et son annexe 2015 : https://www.cea.urssaf.fr/ceawebinfo/files/content/ceaweb/docinfo/2721-Annexes-CEA_janvier_2015.pdf

En supposant que les fondations sont déjà posées ou sont sur le point de l’être (création des statuts et déclaration au journal officiel – Attention aux trois premiers mots de votre déclaration d’objectif, ils permettront à l’INSEE de déterminer votre code APE/NAF—voir plus le chapitre sur la convention collective des associations), il va falloir inscrire en ligne l’association au CEA au moyen de son n° SIRET.

– Consultez en tout premier lieu la Brochure mode d’emploi d’adhésion au CEA
https://www.cea.urssaf.fr/ceawebinfo/files/content/ceaweb/docinfo/2354-CEA-ModeEmploi-internet090813.pdf

qui indique comment remplir les champs dans l’inscription en ligne dans le lien suivant (également d’importantes infos sur le CEA) – Elle est très bien faite : https://www.cea.urssaf.fr/ceawebinfo/cms/index.html

Vous pouvez consulter les informations demandées dans le formulaire d’inscription au CEA destiné à votre banque (c’est elle qui transmet la demande des documents et carnets de chèques CEA à l’URSSAF, puis vous les fournit quand elle les a reçus) :http://www.cea.urssaf.fr/ceawebinfo/files/content/ceaweb/docinfo/2383-CEA-DA_2014.pdf

Ci-dessous quelques infos utiles pour vous aider lors du remplissage du questionnaire en ligne :

a) Convention collective

Tous les métiers ne dépendent pas des mêmes conventions collectives, lesquelles ont des incidences sur les cotisations (impact notamment sur le caractère obligatoire ou facultatif de la cotisation à une caisse de retraite supplémentaire (complément de la complémentaire !) ou de prévoyance (décès, invalidité), et sur la cotisation à la formation professionnelle.

Toute la difficulté est donc de savoir de quelle convention collective dépend l’activité de l’association. C’est lié à son code APE.

Selon le service public, « Une convention collective étant applicable en fonction de l’activité principale exercée par l’employeur (identifiable à travers le code NAF de l’entreprise), une entreprise qui exerce plusieurs activités doit déterminer son activité principale » https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F31630

Le code est attribué par l’ Insee lors de l’immatriculation ou la déclaration d’activité de l’entreprise, en fonction de l’activité principale déclarée et réellement exercée. https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F33050

Si le code APE-NAF ne correspond pas ou plus à l’activité principale, il est nécessaire d’en demander la modification à l’INSEE (ils ont un formulaire à cet effet).

Liste des codes APE/NAF :http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=nomenclatures/naf2008/liste_n2.htm

Concrètement, le type de cotisations imposées par la convention collective concernée peut influencer votre choix si vous oscillez entre plusieurs codes APE pour définir votre activité.

Pour trouver la convention collective qui correspond à votre code : http://www.convention.fr/ – attention: inutile de payer pour obtenir les conventions sur ce site, utiliser seulement leur moteur de recherche de conventions à partir du code APE. Les conventions sont disponibles gratuitement sur www.legifrance.gouv.fr : suivre le lien « conventions collectives » et chercher dans liste déroulante des intitulés de convention ou bien avec le numéro IDCC (numéro d’identification) de la convention qui vous intéresse. Au choix : à consulter sous forme de page web ou à télécharger en pdf.

Note : il peut y avoir de nombreuses conventions applicables pour un même code APE, car certains codes regroupent des activités diverses. Il faut donc choisir celle qui décrit le mieux votre activité.

Note : la brochure du mode d’emploi d’inscription en ligne au CEA (lien plus haut), indique également le site www.travail-emploi.gouv.fr (onglet « travail »), en plus de www.legifrance.gouv.fr (lien « convention collective »). Elle suggère aussi de contacter la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) ou votre centre CEA. », mais de mon point de vue le site de Legifrance est bien suffisant, si vous n’avez pas peur de consulter des listes.

Le code APE de l’association – quelques suggestions en rapport avec le livre

Code APE 94.99Z

http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=nomenclatures/naf2008/n5_94.99z.htm

Le code 9499Z – Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire correspond (entre autres, consultez le lien ci-dessus) aux « associations spécialisées dans des occupations culturelles ou récréatives (autres que les clubs sportifs et les cercles de jeux), par exemple les cercles de poésie, les cercles littéraires, les associations historiques, les clubs de jardinage, les ciné-clubs et les photos-clubs, les clubs d’amis de la musique et des arts, les clubs de travaux manuels, les clubs de collectionneurs, les clubs sociaux, les sociétés carnavalesques, etc. »

La convention collective qui se rapproche le plus des activités culturelles de l’APE 9499Z est celle de l’animation (Identification de la Convention : IDCC 1518). Elle concerne notamment :

« – les activités de développement et de diffusion culturelles telles que centres de culture scientifique et technique, bibliothèques, ludothèques, médiathèques, musées ».

Activités de la convention collective 1518 Animation : http://legifrance.gouv.fr/

Code APE 90.03B

http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=nomenclatures/naf2008/n5_90.03b.htm

Le code 9003B – Autres créations artistiques, correspond aux « activités des écrivains indépendants, pour tous les sujets, y compris la fiction, les ouvrages techniques, etc. »

Mais il est difficile d’imaginer une association ayant un code APE désignant essentiellement une activité d’auteur indépendant. En outre, aucune convention collective ne convient pour ce code spécifique à l’activité individuelle. Les conventions appliquées ne concernent que les autres codes APE de la catégorie 90.0 liés au spectacle, à la variété, a la chanson, etc.

Code APE 58.11.30

http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=nomenclatures/cpf2015/n6_58.11.30.htm

Le code 58.11.30 – Edition de livres en ligne, correspond à l’activité d’édition de « livres en ligne, y compris les manuels scolaires, les ouvrages de référence générale, tels que les atlas et autres livres contenant des cartes, les dictionnaires et les encyclopédies ».

La convention collective est celle de l’édition IDCC 2121. Elle concerne :

 «..la phase éditoriale du produit  » livre électronique « , lorsqu’elle est strictement identique à celle mise en oeuvre pour le livre en la forme traditionnelle (sélection de textes et d’illustrations, relations contractuelles avec les auteurs, validation des contenus, mise en forme)  à l’exclusion de tout autre type d’activité électronique distincte de celle définie ci-dessus (développement de CD-Rom, DVD, logiciels, mise en place et diffusion de sites Internet, traitement de données informatisées, notamment). »

Activités de la convention collective 2121 Édition
http://www.legifrance.gouv.fr/ 

Attention cependant avec un tel code APE de bien vérifier l’aspect concurrentiel de votre association relativement aux entreprises de l’édition. Relire à ce titre la brochure du bulletin officiel des impôts : http://www11.minefe.gouv.fr/boi/boi2006/4fepub/textes/4h506/4h506.pdf

– Quel emploi ?

Si vous envisagez de vous salarier au sein de votre association, pour des compétences en rapport avec l’édition de livre (numérique ou non), le métier qui correspond le plus est celui de Maquettiste PAO :

Maquettiste – PAO (Publication Assistée par Ordinateur)

Le maquettiste est un créateur. En fonction des attentes d’un client, il conçoit des modèles de pages (maquettes) précisant toutes les indications techniques nécessaires : choix des polices de caractères et des couleurs utilisées, mise en valeur des titres, répartition des blancs… Ses missions s’apparentent alors à celles du graphiste. Les maquettes réalisées par le maquettiste tiennent compte du support de communication qui peut être imprimé (magazine, livre, journal, plaquette, dépliant…) ou multimédia (site Internet, CD, DVD…). Le métier de maquettiste exige aussi une parfaite maîtrise de l’informatique. Pratiquer les logiciels graphiques tels InDesign, Illustrator, Quark Xpress et Photoshop est indispensable.

Métier dépendant en général de l’édition et de la publicité, mais pouvant tout aussi bien être exercé au sein d’une association si le besoin est justifié au regard des objectifs décrits dans les statuts et des moyens pour y parvenir.
Fiche métier Onisep : http://www.onisep.fr/Ressources/Univers-Metier/Metiers/maquettiste

 b) Caisse de retraite complémentaire (elle est obligatoire)

Pour indiquer les % par tranches 1 et 2 demandées à l’inscription en ligne, voir sur le site de l’Arrco : http://www.agirc-arrco.fr/particuliers/cotiser-pour-la-retraite/calcul-des-points-de-retraite/ (la tranche 1 correspond à un maximum de 3170€ de salaire net mensuel)

Pour déterminer la caisse à laquelle vous allez cotiser (en tant que salarié), l’Arrco indique dans sa brochure les caisses concernées par votre code APE/NAF : http://www.agirc-arrco.fr/

c) Caisse de retraite supplémentaire: facultative, selon ce que préconise la convention collective liée au code APE de l’association.

 d) Caisse de prévoyance : elle vient compléter la sécu et la mutuelle, surtout en cas de décès pour la famille, et d’invalidité – facultative, selon ce que préconise la convention collective liée au code APE de l’association.

En général, la caisse de retraite complémentaire s’occupe également de la prévoyance, mais on peut décider de la prendre ailleurs si elle présente de meilleurs avantages, chez un assureur par exemple.

e) Cotisation pour la Formation professionnelle – facultative, selon ce que préconise la convention collective liée au code APE de l’association.
Ne pas confondre avec la taxe d’apprentissage, qui ne concerne que les organismes assujettis à l’impôt sur les sociétés, ou qui déclarent en BIC.

https://www.univ-paris1.fr
http://www11.minefe.gouv.fr/boi/boi2006/4fepub/textes/4h506/4h506.pdf

f) Service de santé du travail

Obligatoire – lire à ce propos l’article édifiant : http://rue89.nouvelobs.com/2007/11/07/medecine-du-travail-lautre-caisse-noire-du-medef ).
Adresse des services de santé au travail: l’annuaire qui suit vous donne les principaux centres de votre région : http://www.cisme.org/CISME/annuaire.aspx
Infos générales (FAQ) http://www.cisme.org/faq.aspx#6

IV  COMPARATIF DES RETRAITES COMPLÉMENTAIRES

Rappel, l’autoentrepreneur en BIC ne cotise à la retraite de base que sur 29% de son CA brut (abattement de 71%), et le libéral sur 66% du CA brut (abattement de 34%). Le salarié cotise sur une base d’environ 81% (c.a.d. le brut de son salaire, équivalent à abattement de 19% du CA), selon des valeurs calculées sur la base d’un CEA (Chèque Emploi Associatif) de 2006.

J’ai réalisé dans le tableau ci-dessous un calcul comparatif des retraites complémentaires entre l’auteur édité à compte d’éditeur, l’auteur indépendant autoentrepreneur et l’auteur qui reçoit le produit de ses ventes dans un cadre associatif et se paie en CEA (Chèque Emploi Associatif). Pour le mode associatif j’ai utilisé le net du salarié (équivalent à un abattement de 36,2% du CA), qui est la base utilisée pour définir la tranche permettant de calculer le nombre de points de la retraite de base.

Les méthodes de calcul employées sont celles données sur les sites de la RAAP http://www.ircec.fr/read/cms/documents/Guides/guideircec.pdf et http://www.ircec.fr/fr/actualites-14/detail-reforme-du-raap-le-projet-vote-49 , ainsi que par la brochure Auto Entrepreneur de la CIPAV http://www.cipav-retraite.fr/medias/cms/file/AE%20TOUTSURVOTRERETRAITE.pdf et sur le site de l’ARRCO http://www.agirc-arrco.fr/particuliers/cotiser-pour-la-retraite/calcul-des-points-de-retraite/ et http://www.agirc-arrco.fr/fileadmin/agircarrco/documents/notices/cotisations_points.pdf

Retraite complémentaire calculée sur la base d’un brut de 8649€ annuel (~721€ brut mensuel), calé sur le revenu brut minimum pour l’affiliation au RAAP (900xSMIC horaire ; à 9,61€ en 2015) basé sur le seuil d’affiliation au RAAP. Retraite complémentaire sur la base comparative d’un CA brut d’employeur nécessaire pour verser un SMIC

RAAP – via l’AGESSA

Auteurs édités à compte d’auteur

Calculs clairement explicités sur le site du RAAP

Calcul pour un revenu brut mensuel de 721€

Montant des cotisations :
En faisant une estimation sur la base de 8% de cotisation prévue à la place des forfaits actuels, 8649×8% =692€

692€=tranche A=12 points

Valeur en 2015:
12×8,18= 98€

Calcul pour un revenu brut mensuel de 1458€ (SMIC)

Valeur du SMIC net mensuel : 1458€. Annuel : 17490€

CA brut correspondant pour un auteur : 17490/(1-0,362*)=27414€

Montant des cotisations :
En faisant une estimation sur la base de 8% de cotisation prévue à la place des forfaits actuels, 27414*8%=2194€

2194€=tranche C=36 points

Valeur en 2015:
36×8,18€= 294€

CIPAV

Auteurs indépendants, autoédités

Calcul opaque en dessous de 2883€ de CA brut

Calcul pour un revenu brut mensuel de 721€

Abattement :
8649x(1-0,34)=5708€ = A
Points de retraite :
2883€<A<11412€ = 2eme tranche
soit : 9 points
Valeur en 2015:
9×2,63€ =23,67€

Calcul pour un revenu brut mensuel de 1458€ (SMIC)

Valeur du SMIC net mensuel : 1458€. Annuel : 17490€

Abattement :
17490x(1-0,34)=11543€= A
Points de retraite :
11412€<A<17118€=3eme tranche
soit : 18 points
Valeur en 2015:
18×2,63=47,34€

ARRCO

Auteurs indépendants, autoédités, salariés en CEA dans un cadre associatif

Les méthodes de calcul sont clairement explicitées et transparentes sur le site de l’Arrco… J

Calcul pour un revenu brut mensuel de 721€

8649/12=721€ de CA brut mensuel

Calcul avec les valeurs mensuelles :
721€x(1-0,362*)=460€ net mensuel pour le salarié.

Points de retraite :
460€<seuil de 3170€ mensuel : tranche T1
460€*6,20%/15,2589€ (valeur du point)=1,869 pts mensuel,
soit 1,869×12 = 22 points annuels

Valeur en 2015:
22×1,2513€=26€

*Le total des cotisations (Salariales + Patronale) de l’employeur associatif pour un CEA était, en 2006 : ~36,2%, soit 0,362 – Cette valeur devra être mise à jour, mais cela donne quand même un bon aperçu.

Calcul pour un revenu brut mensuel de 1458€ (SMIC)

CA brut correspondant pour l’auteur : 17490/(1-0,362)=27414€

CA brut mensuel correspondant : 2285€

Points de retraire :
2285€<seuil 3170€ : tranche T1
2285×6,20%/15,2589= 9,3pts mensuel
soit 9,3×12= 111 points annuels

Valeur en 2015:
111×1,2513=139€

Interprétation :

Si vous arrivez à vous faire éditer par voie traditionnelle (Agessa-RAAP), il n’y a pas photo c’est l’idéal: vous aurez une bonne retraite complémentaire (le double de celle d’un salarié, et six fois plus qu’en libéral).

Si vous êtes salarié en CEA, pour de petites rentrées (721€ brut par mois, il faut déjà en vendre des ebooks pour ça !) vous gagnez 22 points de retraite contre 9 en libéral, mais comme le point de retraite ne vaut pas grand-chose à l’Arrco, vous ne touchez guère plus qu’en libéral. Par contre, si vos ventes explosent jusqu’à l’équivalent d’un SMIC mensuel (en autoédité ce n’est pas rien), vous serez bien mieux loti avec un salaire CEA.

Voilà. Bon, il est vrai que la retraite complémentaire ce n’est pas tout, surtout lorsqu’on a entre 20 et 30 ans, mais c’est tout de même important de savoir ce que vous recevrez lorsque vous aurez les cheveux blancs et que vous serez fatigué de vous battre pour trois euros six cents…

V – CONCLUSION

Donc, donc… pour résumer vos choix d’auteur autoédité:

A) soit vous décidez de toucher plus de cash immédiatement et là vous avez deux options:

Option1 – libéral : 75% du CA en autoentrepreneur libéral, mais vous capitalisez peu pour la retraite complémentaire, tout en conservant cependant une retraite de base calculée sur 2/3 des revenus (abattement de 34%). Possible pour une activité principale, mais peut mieux faire. Si vos livres se vendent bien et régulièrement, pourquoi ne pas cotiser de manière séparée et individuelle à une assurance retraite supplémentaire? (C’est à ça qu’elle sert).

Option 2 – BIC/vente : 85% de revenus nets, mais une retraite de base effondrée, calculée sur seulement moins d’ 1/3 des revenus (abattement de 71%), avec en plus les frais de CFE et CCI, mais cela peut vous convenir si vous avez un autre job à côté.

B) Soit vous décidez de toucher moins (environ 64% du CA en étant salarié associatif) et donc de perdre du pouvoir d’achat, mais vous favorisez une meilleure sécurité pour l’avenir.  En effet, la retraite de base est calculée sur 81% du revenu de votre activité commerciale (salaire brut, équivalent d’un « abattement » de 19% du CA), et vous capitalisez, pour l’équivalent d’un SMIC, trois fois plus de retraite complémentaire qu’en libéral.

Il y a quelques contraintes liées au fonctionnement même de l’association (PV d’assemblées, attention à apporter à l’activité rémunératrice en rapport avec la concurrence, avec les statuts, etc.), mais rien d’insurmontable.

À prendre en compte pour les différentes options : le statut d’autoentrepreneur bouge beaucoup, il y a de plus en plus de contraintes et de taxes (surtout pour le BIC), les pourcentages de cotisation jouent au yoyo d’une année sur l’autre. Personne ne sait vraiment de quoi demain sera fait pour lui. Mais ce statut, en libéral, est peut-être aujourd’hui celui qui est le plus adapté (en terme de simplicité et de souplesse d’utilisation, de clarté, et de sécurité d’esprit) à l’auteur indépendant en activité principale. Think of it.

Note: À chacun de voir ce qui est le plus intéressant pour lui en termes d’impôts (c.f. les différentes options citées au point I plus haut). Il y a différents cas de figure: traitements et salaires, prélèvement à la source, prélèvement sur le CA après abattement, BNC si on a déjà un job et qu’on ne veut pas cotiser pour un autre, plus tous les autres abattements possibles et imaginables… là c’est un boulot de comptable!

VI – ÉPILOGUE…

On l’aura compris, être auteur indépendant c’est aussi un peu être chef d’entreprise ! Il faut mettre le nez dans la législation et la compta, en prenant garde toutefois de ne pas se laisser dépasser par ces éléments techniques un peu rebutants qui, une fois en place, ne nécessiteront plus de votre part autant d’attention. Il ne faut surtout pas se sentir démoralisé ni perdre l’envie et le plaisir d’écrire ! C’est comme pour le montage d’un meuble IKEA… une fois qu’on s’est bien pris la tête avec le plan et les vis, on a une belle étagère, et il ne reste plus qu’à y mettre… ses livres !

© Cedric Bellissent – 27/09/2015

Fight : Whitman vs St Jean de la Croix

Kangourous-cont-Sepia                 waltwhitman-cont-Sepia    VS    St-Jean-dela+cont-Sepia

Le grand écart entre Whitman et St Jean de la Croix est vraiment fascinant. A découvrir :

Walt Whitman – Chant de moi-même

Walt Whitman, un cosmos, de Manhattan le fils, Turbulent, bien en chair, sensuel, mangeant, buvant et procréant,
Pas sentimental, pas dressé au-dessus des autres ou à l’écart d’eux
Pas plus modeste qu’immodeste.

Arrachez les verrous des portes!
Arrachez les portes mêmes de leurs gonds!

Qui dégrade autrui me dégrade
Et rien ne se dit ou se fait, qui ne retourne enfin à moi.

A travers moi le souffle spirituel s’enfle et s’enfle, à travers moi c’est le courant et c’est l’index.

Je profère le mot des premiers âges, je fais le signe de démocratie,

Par Dieu! Je n’accepterai rien dont tous ne puissent contresigner la copie dans les mêmes termes.
A travers moi des voix longtemps muettes

Voix des interminables générations de prisonniers, d’esclaves,

Voix des mal portants, des désespérés, des voleurs, des avortons,
Voix des cycles de préparation, d’accroissement,
Et des liens qui relient les astres, et des matrices et du suc paternel.
Et des droits de ceux que les autres foulent aux pieds,
Des êtres mal formés, vulgaires, niais, fous, méprisés,
Brouillards sur l’air, bousiers roulant leur boule de fiente.

A travers moi des voix proscrites,
Voix des sexes et des ruts, voix voilées, et j’écarte le voile,
Voix indécentes par moi clarifiées et transfigurées.

Je ne pose pas le doigt sur ma bouche
Je traite avec autant de délicatesse les entrailles que je fais la tête et le coeur.
L’accouplement n’est pas plus obscène pour moi que n’est la mort.
J’ai foi dans la chair et dans les appétits,
Le voir, l’ouïr, le toucher, sont miracles, et chaque partie, chaque détail de moi est un miracle.

Divin je suis au dedans et au dehors, et je sanctifie tout ce que je touche ou qui me touche.
La senteur de mes aisselles m’est arôme plus exquis que la prière,
Cette tête m’est plus qu’église et bibles et credos.

Si mon culte se tourne de préférence vers quelque chose, ce sera vers la propre expansion de mon corps, ou vers quelque partie de lui que ce soit.
Transparente argile du corps, ce sera vous!
Bords duvetés et fondement, ce sera vous!
Rigide coutre viril, ce sera vous!
D’où que vous veniez, contribution à mon développement, ce sera vous!
Vous, mon sang riche! vous, laiteuse liqueur, pâle extrait de ma vie!
Poitrine qui contre d’autres poitrines se presse, ce sera vous!
Mon cerveau ce sera vos circonvolutions cachées!
Racine lavée de l’iris d’eau! bécassine craintive! abri surveillé de l’oeuf double! ce sera vous!
Foin emmêlé et révolté de la tête, barbe, sourcil, ce sera vous!
Sève qui scintille de l’érable, fibre de froment mondé, ce sera vous!
Soleil si généreux, ce sera vous!
Vapeurs éclairant et ombrant ma face, ce sera vous!
Vous, ruisseaux de sueurs et rosées, ce sera vous!
Vous qui me chatouillez doucement en frottant contre moi vos génitoires, ce sera vous!
Larges surfaces musculaires, branches de vivant chêne, vagabond plein d’amour sur mon chemin sinueux, ce sera vous!
Mains que j’ai prises, visage que j’ai baisé, mortel que j’ai touché peut-être, ce sera vous!

Je raffole de moi-même, mon lot et tout le reste est si délicieux!
Chaque instant et quoi qu’il advienne me pénètre de joie,
Oh! je suis merveilleux!
Je ne sais dire comment plient mes chevilles, ni d’où naît mon plus faible désir.
Ni d’où naît l’amitié qui jaillit de moi, ni d’où naît l’amitié que je reçois en retour.

Lorsque je gravis mon perron, je m’arrête et doute si ce que je vois est réel.
Une belle-de-jour à ma fenêtre me satisfait plus que toute la métaphysique des livres.
Contempler le lever du jour!
La jeune lueur efficace les immenses ombres diaphanes
L’air fleure bon à mon palais.
Poussées du mouvant monde, en ébrouements naïfs, ascension silencieuse, fraîche exsudation,
Activation oblique haut et bas.
Quelque chose que je ne puis voir érige de libidineux dards
Des flots de jus brillant inondent le ciel.

La terre par le ciel envahie, la conclusion quotidienne de leur jonction
Le défi que déjà l’Orient a lancé par-dessus ma tête,
L’ironique brocard: Vois donc qui de nous deux sera maître!

(Traduction d’André Gide)

Et maintenant, St Jean de la Croix  – Autre glose au divin 

Pour toute beauté, je l’assure,
Je ne me perdrai jamais, moi,
Sinon par un je ne sais quoi
Qui se gagne par aventure.

Saveur de tout bien qui finit
N’a d’autre résultat extrême
Que de blaser le palais même
Et de fatiguer l’appétit ;
Ainsi pour attrait ni parure,
Je ne me perdrai jamais, moi,
Sinon par un je ne sais quoi
Qui se trouve par aventure.

Le cœur fidèle et généreux
Jamais n’arrête son courage
Dès qu’il peut s’ouvrir un passage
S’il n’est trop difficulteux ;
Rien ne l’abat ni le sature,
Et si haut l’exalte sa foi,
Qu’il jouit d’un je ne sais quoi
Qu’il trouve par aventure.

Qui par l’amour tourmenté
De l’être divin qui le touche,
Voit son goût changer dans sa bouche ;
Des plaisirs il est dégoûté.
Tel au fiévreux la nourriture
Répugne aussitôt qu’il la voit,
Et désire un je ne sais quoi
Qui se trouve par aventure.

Ne soyez nullement surpris
Qu’ainsi le goût se décompose,
Car du mal il est seul la cause
Tant le reste est pour lui sans prix.
Semblable est toute créature
Qui se voit ravir hors de soi,
Et savoure une je ne sais quoi
Qui se trouve par aventure.

Et ainsi la volonté
Par la Divinité touchée,
Sa soif ne peut être étanchée
Qu’auprès de la Divinité,
Mais telle est sa beauté si pure
Qu’on ne la voit que par la foi ;
Ne lui plaît qu’un je ne sais quoi
Qui se trouve par aventure.

Ainsi par l’amour agréé,
Dis-moi, craindrais-tu la souffrance
Puisqu’il n’est de jouissance
Pour toit parmi tout le créé ?
Sans forme, seul et sans figure,
Sans soutien en aucun endroit,
Mais goûtant là je ne sais quoi
Qui se trouve par aventure.

Ne crois pas que l’intérieur
Qui vaut plus que toute richesse
Trouve la joie et l’allégresse
Dans une terrestre saveur ;
Sur toute beauté de nature
Qui sera, qui fut ou qui soit,
Tu goûtes là je ne sais quoi
Qui se trouve par aventure.

Mais il emploiera plus de soin
Qui veut profiter davantage
De ce qu’il désire en partage
Que ce qu’en gagnant il s’adjoint ;
Plus haute sera ma stature,
Toujours je m’inclinerai, moi,
Surtout vers un je ne sais quoi
Qui se trouve par aventure.

Ce qui par les sens est rêvé
Et qui peut ici se comprendre,
C’est ce que l’esprit croit entendre
Quoiqu’il soit bien plus élevé ;
Ni par la grâce ou par beauté pure
Jamais ne je ne me perdrai, moi
Sinon par un je ne sais quoi
Qui se trouve par aventure.

Poèmes mystiques de saint Jean de la Croix 
Textes espagnol et français en regard
Jean de la Croix, 1542-1591
Paris : G. Beauchesne
PQ 6400 .J8 A17 1922